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Affaire Lyhanna : "Je suis totalement en désaccord", Yaël Braun-Pivet tacle Gérald Darmanin et dénonce le manque de moyens de la justice

Une · · Par Claire BERNARD

Affaire Lyhanna :

Affaire Lyhanna : Yaël Braun-Pivet recadre Gérald Darmanin et alerte sur l’asphyxie de la justice La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a vi

Affaire Lyhanna : Yaël Braun-Pivet recadre Gérald Darmanin et alerte sur l’asphyxie de la justice

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a vivement pris ses distances avec les propos du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, tenus après la découverte du corps de la jeune Lyhanna, 13 ans, retrouvée sans vie le 4 juin dernier dans le Gers. Ancienne avocate de profession, la députée a exprimé un « total désaccord » avec la communication du ministre de la Justice, tout en pointant du doigt un manque chronique de moyens alloués à l’institution judiciaire. Ce désaveu public, rapporté par nos confrères de Midi Libre, intervient dans un climat politique déjà tendu autour de la gestion des violences faites aux mineurs et de l’efficacité de la réponse pénale.

Un désaccord frontal sur l’affaire Lyhanna

Selon les informations de Midi Libre, Yaël Braun-Pivet a déclaré être « totalement en désaccord » avec les déclarations de Gérald Darmanin au sujet de l’affaire Lyhanna. Le ministre de la Justice avait, dans les heures suivant la découverte du corps, évoqué des « dysfonctionnements » et pointé du doigt les limites du système judiciaire actuel. Une communication que la présidente de l’Assemblée nationale juge contre-productive. « Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur les magistrats ou les services de protection de l’enfance », aurait-elle précisé, selon des sources parlementaires. Pour elle, l’urgence serait plutôt de reconnaître l’épuisement des professionnels face à des dossiers toujours plus nombreux et complexes, sans pour autant céder à une instrumentalisation politique du drame.

Le manque de moyens de la justice en ligne de mire

Au-delà du différend personnel, cette passe d’armes révèle un malaise plus profond au sein de la majorité. Yaël Braun-Pivet, qui fut avocate au barreau de Paris avant d’entrer en politique, a insisté sur le fait que « la justice manque cruellement de moyens humains et financiers ». Elle a rappelé que les tribunaux, les services d’enquête et les structures d’accueil des mineurs victimes sont « au bord de la rupture ». Selon elle, pointer les seuls dysfonctionnements sans évoquer le sous-investissement chronique revient à « tromper les Français ». Ce constat, partagé par de nombreux magistrats, fait écho à des rapports récents, notamment celui de la Cour des comptes, qui alertait sur la dégradation des conditions de travail dans les juridictions. La présidente de l’Assemblée a ainsi appelé à un « véritable plan d’urgence » pour la justice, plutôt qu’à une « communication de crise ».

Un contexte politique déjà sous tension

Cette prise de position de Yaël Braun-Pivet intervient dans un climat politique où les relations entre les différentes têtes de l’exécutif et du législatif sont scrutées de près. Gérald Darmanin, connu pour ses sorties médiatiques tranchées, s’était attiré les foudres de l’opposition en qualifiant certaines affaires de « faillite de l’État ». La présidente de l’Assemblée nationale, en prenant le contrepied de ce discours, chercherait à réaffirmer l’indépendance de la fonction législative et à protéger les institutions judiciaires d’une politisation excessive. Il semblerait que ce désaccord, bien que public, n’ait pas encore donné lieu à une confrontation directe entre les deux personnalités, mais il alimente les spéculations sur une possible recomposition des équilibres au sein de la majorité.

Vers une nécessaire réforme structurelle ?

Au-delà de l’affaire Lyhanna, qui a ému le pays tout entier, c’est bien la question de la réforme de la justice qui est posée. Yaël Braun-Pivet a plaidé pour une « approche systémique », intégrant la prévention, l’accompagnement des victimes et la formation des professionnels. Elle a estimé que les solutions ne pouvaient se réduire à des annonces médiatiques ou à des changements de procédure. « Il faut des moyens, du temps et de la volonté politique », aurait-elle conclu, selon des témoins présents lors de ses échanges. Alors que le gouvernement prépare un projet de loi d’orientation et de programmation pour la justice, ce désaveu public pourrait contraindre Gérald Darmanin à revoir sa communication, voire à accélérer certaines mesures. L’issue de ce bras de fer reste incertaine, mais il illustre les fractures qui traversent la majorité sur un sujet aussi sensible que la protection de l’enfance et l’efficacité de la justice.