Affaire Bardella : « Un problème de système, pas de personne », Dominique de Villepin charge le Rassemblement national

Invité dimanche soir du « Grand Oral 2027 BFMTV-Le Figaro », Dominique de Villepin a profité de ce nouveau rendez-vous de la campagne présidentielle pour charge
Invité dimanche soir du « Grand Oral 2027 BFMTV-Le Figaro », Dominique de Villepin a profité de ce nouveau rendez-vous de la campagne présidentielle pour charger le Rassemblement national, selon des propos rapportés par Le Figaro. L'ancien premier ministre y a formulé une critique qui, à ses yeux, dépasse le seul cas de Jordan Bardella, en dénonçant un « problème de système, pas de personne ».
## Une critique centrée sur le système plutôt que sur l'individu
D'après les éléments rapportés par Le Figaro, Dominique de Villepin a donc choisi d'orienter son propos vers une analyse structurelle. Selon cette lecture, les difficultés attribuées au président du Rassemblement national ne relèveraient pas d'une défaillance individuelle, mais d'un dysfonctionnement plus large, propre au fonctionnement même du parti. Cette distinction n'est pas anodine dans le contexte de la campagne présidentielle de 2027, où chaque formation cherche à crédibiliser son projet. En effet, en déplaçant le débat du terrain personnel vers celui du système, l'ancien chef du gouvernement semblerait chercher à interroger la capacité du RN à se transformer en force de gouvernement, au-delà des seules personnalités qui l'incarnent.
## Un contexte politique et financier jugé « extrêmement fragile »
L'ancien premier ministre a également alerté, lors de cette même intervention, sur la « position d'extrême fragilité politique et financière » de la France. Cette mise en garde s'inscrit dans un contexte qu'il qualifie lui-même d'explosif, selon les propos cités par Le Figaro. Invité à réagir à la colère lycéenne, il a dénié toute « légitimité » à la violence, tout en plaidant pour un meilleur maintien de l'ordre afin de « sécuriser » des jeunes qu'il décrit comme « mobilisés » et « inquiets ». Il a par ailleurs appelé le gouvernement à « engager le dialogue » avec ces derniers. Ces prises de position traduisent, selon plusieurs observateurs, une volonté de se positionner à la fois sur le terrain de l'autorité et sur celui du dialogue social.
## Un positionnement toujours ambigu face à la candidature
Toujours pas officiellement candidat à l'Élysée, Dominique de Villepin continue pourtant d'enchaîner les plateaux pour commenter l'actualité et défendre ses propositions, rappelle Le Figaro. Cette posture, décrite comme « un pied dedans, un pied dehors », entretient le flou sur ses intentions réelles à l'approche du scrutin. D'autant plus que le « Grand Oral 2027 BFMTV-Le Figaro », lancé fin août, constitue précisément l'un des formats destinés à installer les prétendants dans le paysage médiatique. En multipliant les interventions, l'ancien premier ministre semblerait ainsi tester sa propre résonance auprès de l'opinion, sans franchir le pas d'une déclaration formelle.
## Une charge qui interroge la stratégie du RN
La formule « un problème de système, pas de personne » pourrait également résonner au-delà du seul Rassemblement national. Toutefois, en ciblant explicitement la formation d'extrême droite, Dominique de Villepin s'inscrit dans une ligne de critique récurrente à son encontre, celle d'un parti jugé structurellement incapable de gouverner. Reste à savoir si cet argument portera dans une campagne où les électeurs semblent, selon plusieurs enquêtes, moins sensibles aux mises en garde institutionnelles qu'aux promesses de rupture. La suite des débats, notamment lors des prochains rendez-vous télévisés, pourrait permettre de mesurer l'écho réel de cette charge.