Accusé d’avoir utilisé l’IA pour écrire son roman phénomène de la rentrée, Thélyson Orélien assure être victime «d’attaques racistes»

L'affaire secoue le petit monde de la rentrée littéraire. Thélyson Orélien, écrivain canado-haïtien, se retrouve au cœur d'une controverse après avoir été accus
L'affaire secoue le petit monde de la rentrée littéraire. Thélyson Orélien, écrivain canado-haïtien, se retrouve au cœur d'une controverse après avoir été accusé d'avoir eu recours à l'intelligence artificielle pour écrire son roman *C'était ça ou mourir*, présenté comme l'un des succès de la saison, selon des informations rapportées par Le Figaro.
## Une accusation lancée depuis un compte anonyme
L'origine de la polémique remonte à lundi, lorsqu'un compte sur la plateforme X, baptisé « Balance ton Claude » et jusqu'alors confidentiel avec seulement 92 abonnés, a affirmé que l'ouvrage avait été « presque intégralement » rédigé par une intelligence artificielle. Selon ce compte, l'analyse d'extraits du roman aurait été réalisée à l'aide du logiciel américain de détection Pangram, un outil conçu pour repérer les textes générés par machine. Cette allégation, relayée rapidement sur les réseaux sociaux, a suffi à déclencher une vive controverse dans un secteur particulièrement sensible aux questions d'authenticité et de création littéraire.
## La défense de l'écrivain
Face à ces accusations, Thélyson Orélien a réagi dès mardi en fin de journée. Interrogé par Libération, l'auteur conteste la fiabilité de l'outil utilisé contre lui, estimant que « le logiciel est habitué aux traditions littéraires françaises et aux auteurs classiques ». Il assure par ailleurs réunir des éléments pour étayer ses propos et réfuter les conclusions de l'analyse. L'écrivain va plus loin : il affirme être victime d'« attaques racistes », suggérant que la virulence des accusations dépasse le simple cadre du débat technique sur l'usage de l'intelligence artificielle.
## Un débat de fond sur la détection de l'IA
Cette affaire illustre les limites et les tensions entourant les outils de détection de contenus générés par intelligence artificielle. En effet, ces logiciels, souvent présentés comme des solutions fiables, font l'objet de critiques récurrentes quant à leur taux d'erreur, notamment lorsqu'ils sont appliqués à des textes littéraires marqués par un style singulier. Plusieurs experts du secteur rappellent que ces systèmes peuvent produire des faux positifs, d'autant plus que la frontière entre écriture assistée et écriture générée demeure floue. Toutefois, la rapidité avec laquelle l'accusation s'est propagée témoigne de la sensibilité croissante du monde de l'édition à cette problématique.
## Un précédent qui interroge
Le cas de Thélyson Orélien n'est pas isolé. Depuis l'émergence grand public des modèles de langage, plusieurs auteurs ont été soupçonnés, parfois à tort, d'avoir eu recours à ces technologies. Ces situations posent des questions délicates : comment prouver l'usage de l'IA ? Quelle place accorder à la présomption d'innocence dans un contexte de suspicion généralisée ? Par ailleurs, la dimension raciale soulevée par l'écrivain ajoute une couche de complexité à un dossier déjà sensible, rappelant que les controverses littéraires peuvent parfois masquer d'autres ressorts.
À ce stade, aucune preuve formelle n'a été rendue publique permettant de confirmer ou d'infirmer les accusations. L'affaire pourrait connaître de nouveaux développements, notamment si l'éditeur du roman ou les instances professionnelles du livre décidaient de se saisir du dossier.