Accusé d’avoir été un prédateur sadique sur Meetic à Montpellier, l’accusé nie avoir violé six jeunes femmes

Un homme de 40 ans, Alexandre Karaa, comparaît depuis le début de la semaine devant la cour d'assises de l'Hérault, à Montpellier, pour des faits de viol aggrav
Un homme de 40 ans, Alexandre Karaa, comparaît depuis le début de la semaine devant la cour d'assises de l'Hérault, à Montpellier, pour des faits de viol aggravé et de violences sexuelles dénoncés par six jeunes femmes. Selon les informations rapportées par Midi Libre, les plaignantes auraient toutes été rencontrées entre 2016 et 2023 par l'intermédiaire des applications de rencontre Meetic et Tinder. L'accusé, ancien directeur d'un centre médico-social, conteste l'intégralité des faits qui lui sont reprochés.
## Un profil présenté comme celui d'un prédateur méthodique
D'après l'acte d'accusation relayé par le quotidien régional, Alexandre Karaa est décrit comme ayant adopté un mode opératoire constant, fondé sur des pratiques sexuelles qualifiées de radicales, imposées à des partenaires sans leur consentement éclairé. Les faits se seraient étalés sur près de sept années, période durant laquelle l'intéressé aurait maintenu une activité professionnelle stable à la tête d'un établissement du secteur médico-social. Cette position institutionnelle, selon plusieurs témoignages cités par Midi Libre, aurait pu contribuer à instaurer un climat de confiance auprès de ses victimes présumées, rencontrées pourtant en dehors de tout cadre professionnel.
## Des plaignantes aux profils similaires
Les six femmes à l'origine de la procédure auraient, selon les éléments versés au dossier, partagé des caractéristiques communes : jeunesse, absence de lien antérieur avec l'accusé, et découverte de celui-ci via des plateformes de rencontre grand public. Les faits dénoncés se seraient déroulés dans des contextes d'intimité, ce qui rend leur établissement judiciaire d'autant plus délicat que la défense conteste la matérialité même des violences alléguées. En effet, dans ce type d'affaires, la cour doit s'appuyer principalement sur la convergence des récits et sur les expertises psychologiques pour établir la réalité des faits.
## Une défense qui conteste l'ensemble des accusations
Interrogé sur les faits, Alexandre Karaa nie avoir imposé quelque pratique que ce soit et soutient que les relations entretenues avec les plaignantes étaient librement consenties. Cette ligne de défense, classique dans les procès pour viol entre adultes, place les débats au cœur de la question du consentement, notion centrale du droit pénal français depuis la loi du 21 avril 2021 qui a introduit l'âge de non-consentement à quinze ans. Toutefois, la multiplicité des accusations et leur étalement dans le temps pourraient peser lourdement dans l'appréciation des magistrats.
## Un procès qui interroge les usages des applications de rencontre
Au-delà du cas individuel, cette affaire pose une nouvelle fois la question de la sécurité des utilisateurs sur les plateformes de rencontre, dont l'usage s'est largement banalisé en France depuis une décennie. Selon plusieurs associations de défense des victimes, les signalements liés à des violences sexuelles survenus après une rencontre en ligne ont augmenté de manière significative ces dernières années, sans que les mécanismes de modération n'aient toujours été renforcés à la hauteur de l'enjeu. Le verdict, attendu dans les prochains jours, pourrait ainsi être scruté bien au-delà du seul prétoire montpelliérain.