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Accident d'avion près de Nancy: vidéos, trajectoire seront scrutés pendant l'enquête

Une · · Par Claire BERNARD

Accident d'avion près de Nancy: vidéos, trajectoire seront scrutés pendant l'enquête

Crash de Nancy : les enquêteurs vont scruter vidéos et trajectoire du Pilatus Le crash d’un avion civil survenu dimanche à proximité de l’aérodrome de Nancy-Ess

Crash de Nancy : les enquêteurs vont scruter vidéos et trajectoire du Pilatus

Le crash d’un avion civil survenu dimanche à proximité de l’aérodrome de Nancy-Essey, qui a coûté la vie à onze personnes, constitue l’accident d’aviation le plus meurtrier en France hors transport militaire et commercial depuis plusieurs années. Alors que les opérations de secours et de relevés d’indices se poursuivent sur le site de Tomblaine, les enquêteurs du Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) s’apprêtent à examiner minutieusement les vidéos réalisées par les témoins et les passagers, ainsi que la trajectoire de l’appareil, pour tenter de déterminer les causes de la catastrophe. L’absence de boîte noire obligatoire sur ce type d’aéronef complique toutefois la tâche des experts.

Un appareil dépourvu de boîte noire obligatoire

Selon les informations rapportées par Le Figaro et l’AFP, l’avion accidenté est un Pilatus immatriculé en Allemagne, utilisé pour un baptême de parachutisme. Contrairement aux avions de ligne commerciaux, ce type d’appareil n’est pas soumis à l’obligation d’embarquer un enregistreur de vol, communément appelé boîte noire. Jean-Paul Troadec, ancien directeur du BEA, a expliqué à l’AFP que « l’enregistreur qui sert aux analyses d’accidents n’est pas obligatoire sur ce type d’avion ». Cette absence constitue un défi majeur pour les enquêteurs, qui devront se tourner vers d’autres sources d’information.

Toutefois, M. Troadec a nuancé ce constat en indiquant qu’il est possible que des propriétaires ou des exploitants aient installé, de leur propre initiative, des dispositifs d’enregistrement. « Par exemple, pour savoir comment le pilote a géré son vol », a-t-il précisé. Les enquêteurs devront donc vérifier si un tel équipement était présent à bord du Pilatus, ce qui pourrait fournir des données précieuses sur les paramètres de vol et les actions du pilote dans les instants précédant le crash.

L’analyse des vidéos et de la trajectoire comme piste principale

En l’absence d’enregistreur de vol certifié, l’enquête se concentrera sur d’autres éléments. Les vidéos filmées par des témoins au sol ou, potentiellement, par des parachutistes ou des passagers à bord pourraient offrir un angle visuel crucial. Les enquêteurs du BEA analyseront également la trajectoire de l’appareil, en reconstituant son vol à partir des données radar et des témoignages. Comme l’a souligné Jean-Paul Troadec, « il va falloir regarder la trajectoire ». Cette reconstitution permettra de déterminer si l’avion a subi une perte de contrôle, une défaillance mécanique ou une manœuvre dangereuse.

Par ailleurs, les commandes de vol et les débris de l’appareil seront examinés de près. Les experts de la Gendarmerie des Transports Aériens (GTA), déjà présents sur le site de Tomblaine, travaillent à la collecte de tous les éléments matériels. Le déséquilibre de l’avion, évoqué par les premiers témoignages, pourrait également constituer une piste. Il s’agira de comprendre si la répartition des charges, liée au nombre de parachutistes et à leur équipement, a pu jouer un rôle dans la perte de contrôle.

Un accident qui relance les questions de sécurité

Ce drame, qui a endeuillé la région de Nancy et la communauté du parachutisme, intervient dans un contexte où l’aviation légère et de loisir est moins strictement réglementée que le transport commercial. L’absence d’obligation de boîte noire sur les appareils de ce type est régulièrement pointée du doigt par certains experts, qui estiment que cela freine les enquêtes et la prévention des accidents. L’enquête du BEA, qui pourrait durer plusieurs mois, devra déterminer les causes exactes de la catastrophe et, le cas échéant, formuler des recommandations de sécurité.

Alors que les familles des victimes attendent des réponses, les investigations se poursuivent. La publication d’un rapport préliminaire du BEA pourrait intervenir dans les semaines à venir, mais il faudra probablement attendre plusieurs mois pour disposer d’une analyse complète et définitive. Ce drame rappelle, s’il en était besoin, les risques inhérents aux activités aériennes et l’importance de la rigueur dans la maintenance et l’exploitation des appareils, même pour des vols de loisir.