«a(SOH-SOH*) + b(BEM-BEM*)» : Le Figaro vous explique la «règle de Taylor des détroits», cette blague menaçante du chef du Parlement iranien qui raille Trump

## Une provocation économique signée Mohammad Ghalibaf C'est un message aussi bref qu'énigmatique, publié sur le réseau social X le mercredi 16 septembre, et co
## Une provocation économique signée Mohammad Ghalibaf
C'est un message aussi bref qu'énigmatique, publié sur le réseau social X le mercredi 16 septembre, et consulté par plus de 6,2 millions d'internautes selon des données rapportées par Le Figaro. Mohammad Ghalibaf, président du Parlement iranien, y développe une analogie mêlant mathématiques monétaires et géopolitique du détroit d'Ormuz, sous l'intitulé « règle de Taylor des détroits ». Une formule qui, derrière son apparente absurdité, semble adresser un avertissement économique aux États-Unis.
## La « règle de Taylor », un outil de politique monétaire détourné
D'après les éléments rapportés par Le Figaro, le message de Mohammad Ghalibaf convoque la « règle de Taylor », un principe économique formulé par l'économiste John Taylor, qui relie le taux d'intérêt directeur d'une banque centrale à l'inflation et à l'écart de production. Le président du Parlement iranien y évoque notamment une hausse de « 25bp », soit 25 points de base, ainsi qu'un « r* », le taux d'intérêt neutre. Selon cette lecture, l'Iran entendrait signifier que les règles monétaires classiques ne peuvent s'appliquer à un « goulot d'étranglement », en l'occurrence le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le transport mondial du pétrole.
## Ormuz, un levier de pression récurrent
Le détroit d'Ormuz, situé entre le golfe Persique et le golfe d'Oman, constitue en effet l'une des voies maritimes les plus sensibles au monde. Selon plusieurs analyses économiques, une part significative du pétrole brut acheminé par voie maritime y transite quotidiennement. Téhéran a, à plusieurs reprises dans son histoire récente, agité la menace d'une perturbation de ce passage pour répondre aux sanctions occidentales. En effet, cette capacité de nuisance est régulièrement présentée par les autorités iraniennes comme un moyen de dissuasion face aux pressions américaines.
## Une communication calibrée pour Washington
La formule « et c'est nous qui la fixons » suggère, selon Le Figaro, que Téhéran revendique la maîtrise d'une « prime de risque » liée au détroit. Le message semble ainsi s'adresser directement à Donald Trump et à son entourage économique, dans un contexte de tensions persistantes entre les deux pays. Toutefois, la portée réelle de cette déclaration demeure difficile à évaluer : s'agit-il d'une simple provocation rhétorique ou d'un signal plus sérieux adressé aux marchés ? Le caractère volontairement abscons du propos, relevé par plusieurs observateurs, pourrait aussi viser à entretenir l'incertitude.
## Un précédent dans la communication iranienne
Cette sortie s'inscrit dans une tradition de communication iranienne jouant sur l'ambiguïté et le registre technique pour brouiller les pistes. Mohammad Ghalibaf, ancien commandant des Gardiens de la révolution et figure conservatrice, a déjà usé de formulations allusives pour évoquer la position stratégique de son pays. Selon des sources spécialisées citées par Le Figaro, cette stratégie vise à maintenir une pression psychologique sur les décideurs américains sans franchir le seuil d'une menace explicite. Une manière, en somme, de rappeler que la géographie demeure, pour Téhéran, un argument difficilement contournable.