À Saint-Pierre-et-Miquelon, ce gisement de pétrole sous-marin qui demeure inexploité

## Un gisement pétrolier sous-marin au cœur d'un paradoxe français À Saint-Pierre-et-Miquelon, l'archipel français situé au large des côtes canadiennes, la ques
## Un gisement pétrolier sous-marin au cœur d'un paradoxe français
À Saint-Pierre-et-Miquelon, l'archipel français situé au large des côtes canadiennes, la question de l'exploitation des ressources pétrolières refait surface à l'occasion d'une visite diplomatique de premier plan. Selon des informations rapportées par Le Figaro, Emmanuel Macron se rend ce dimanche 20 septembre 2026 sur l'île, où il reçoit le premier ministre canadien Mark Carney, dans un contexte où le potentiel énergétique de l'archipel demeure inexploité malgré sa proximité immédiate avec des zones de production actives.
## Une proximité géographique frappante
D'après les éléments rapportés par Le Figaro, Saint-Pierre-et-Miquelon ne se situe qu'à 25 kilomètres des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador, troisième province productrice de pétrole en importance du Canada, derrière l'Alberta et la Saskatchewan. Les compagnies pétrolières y produiraient en 2026 entre 285 000 et 310 000 barils par jour, selon les chiffres cités par le quotidien. Cette proximité géographique souligne le contraste entre les deux espaces, séparés par une frontière maritime mais soumis à des régimes juridiques radicalement différents en matière d'hydrocarbures. En effet, la ressource existerait bel et bien du côté français, mais demeurerait volontairement non exploitée.
## La loi Hulot, un verrou juridique déterminant
Le cadre législatif français explique en grande partie cette situation. La loi du 30 décembre 2017, dite « loi Hulot », a mis fin à la recherche ainsi qu'à l'exploitation des hydrocarbures dans l'Hexagone. Cette interdiction s'applique également aux territoires ultramarins, ce qui inclut Saint-Pierre-et-Miquelon. Ce texte, porté par l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, visait à engager la France dans une trajectoire de sortie des énergies fossiles. Toutefois, son application à un territoire dont l'économie locale reste fragile suscite des interrogations, notamment sur les perspectives de développement que représenteraient d'éventuelles ressources extractibles.
## Un enjeu diplomatique et économique
La visite d'Emmanuel Macron, présentée comme sa première sur l'archipel, intervient dans un contexte où les relations franco-canadiennes autour de la zone maritime demeurent sensibles. Selon Le Figaro, la rencontre avec Mark Carney pourrait porter sur des sujets de coopération régionale, sans que l'exploitation pétrolière locale ne soit officiellement à l'ordre du jour. Par ailleurs, le slogan publicitaire de 1974 cité par le quotidien — « En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées » — résonne de manière particulière dans ce territoire où l'or noir est pourtant présent sous les fonds marins. Cette situation illustre la tension entre engagement environnemental national et potentiel économique local.
## Une équation énergétique non résolue
L'archipel se trouve ainsi au cœur d'un dilemme qui pourrait ressurgir dans les débats publics à mesure que la transition énergétique progresse. D'un côté, la loi Hulot traduit une position politique assumée de réduction de la dépendance aux énergies fossiles. De l'autre, la proximité de zones de production canadiennes actives soulève la question de la cohérence territoriale et des retombées économiques dont Saint-Pierre-et-Miquelon pourrait bénéficier. Selon des sources concordantes, aucune modification législative n'est pour l'heure envisagée. La question demeure toutefois ouverte, alors que la souveraineté énergétique et la lutte contre le changement climatique continuent de structurer les arbitrages publics.