À Saint-Étienne, une enquête ouverte après qu’un jeune homme de 17 ans a perdu sa main en ramassant une grenade

Un jeune homme de 17 ans a été gravement blessé à la main, samedi 17 octobre à Saint-Étienne, lors d'une manifestation « contre la vie chère » qui a dégénéré en
Un jeune homme de 17 ans a été gravement blessé à la main, samedi 17 octobre à Saint-Étienne, lors d'une manifestation « contre la vie chère » qui a dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre. Selon les premiers éléments rapportés par l'AFP, l'adolescent se serait saisi à la main d'une grenade lancée par les policiers avant que l'engin n'explose. Une enquête a été ouverte par le parquet de la ville et confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).
## Les faits tels qu'ils sont établis
D'après une source proche du dossier citée par l'AFP, le manifestant a ramassé l'objet, dont le modèle n'a pas été communiqué. La préfecture de la Loire a confirmé qu'un jeune de 17 ans avait été « gravement blessé à la main », après avoir initialement évoqué une personne âgée d'une vingtaine d'années. Le blessé a été transporté au CHU de Saint-Étienne, précisent des membres du personnel médical de la manifestation qui l'ont pris en charge. Toujours selon ces témoins, la main droite du jeune homme était en lambeaux et il leur aurait expliqué avoir ramassé la grenade avant qu'elle n'explose. Le parquet de Saint-Étienne a ouvert une enquête « en recherche des causes des blessures », confiée à l'IGPN, l'inspection interne de la police, selon Le Figaro.
## Une manifestation qui a dégénéré
Le rassemblement, organisé contre la vie chère, a été le théâtre d'affrontements avec les forces de l'ordre. Des devantures de commerces ont été brisées et du mobilier urbain détruit, a constaté l'AFP sur place. Ces dégradations s'inscrivent dans un contexte de tensions récurrentes lors des mobilisations sociales, où l'usage d'armes intermédiaires par les forces de l'ordre fait régulièrement débat. Le parquet n'a pas précisé, à ce stade, les circonstances exactes du jet de grenade ni la nature de l'engin utilisé.
## L'IGPN saisie, un précédent sensible
La saisine de l'IGPN constitue un élément central du dossier. Cette inspection, chargée de contrôler l'action des policiers, est systématiquement mobilisée lorsqu'un blessé grave est imputé à l'usage d'une arme par un membre des forces de l'ordre. Selon des sources syndicales citées par plusieurs médias ces dernières années, les grenades de désencerclement et autres munitions intermédiaires font l'objet de protocoles d'emploi stricts, dont le respect est précisément ce que l'enquête devra établir. Aucune information n'a toutefois filtré, à ce jour, sur la position du fonctionnaire ayant lancé l'engin.
## Un débat de fond sur les armes intermédiaires
L'accident relance une controverse récurrente en France sur les blessures causées par les armes non létales lors des manifestations. Plusieurs organisations de défense des libertés publiques demandent régulièrement un encadrement plus strict de ces équipements, invoquant des blessures graves, notamment aux mains et au visage. Les autorités, de leur côté, soulignent la nécessité de disposer de moyens de maintien de l'ordre face à des violences urbaines. Le parquet de Saint-Étienne n'a pas communiqué de calendrier pour la suite de l'enquête, qui devra notamment déterminer si les conditions d'emploi de la grenade étaient conformes aux règles en vigueur.