À Manille, Lavrov met en garde Rubio sur la livraison d'armes à l'Ukraine

Manille : Lavrov met en garde Rubio contre les livraisons d’armes à l’Ukraine Les chefs de la diplomatie américaine et russe se sont rencontrés jeudi 23 juillet
Manille : Lavrov met en garde Rubio contre les livraisons d’armes à l’Ukraine
Les chefs de la diplomatie américaine et russe se sont rencontrés jeudi 23 juillet à Manille, en marge d’une réunion de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean). Sergueï Lavrov a mis en garde son homologue américain, Marco Rubio, contre la poursuite, selon lui « inadmissible », des livraisons d’armes à l’Ukraine. Cet entretien, le premier entre les deux hommes depuis l’entrée en fonction de l’administration Trump, intervient dans un contexte de tensions persistantes autour du conflit ukrainien.
Une mise en garde ferme de la part de Moscou
Selon des informations rapportées par RFI, Sergueï Lavrov a profité de cette rencontre bilatérale pour exprimer la position officielle de Moscou de manière particulièrement directe. Le ministre russe des Affaires étrangères a qualifié les livraisons d’armes à l’Ukraine d’« inadmissibles », un terme qui reflète la fermeté croissante du Kremlin sur ce dossier. Cette déclaration intervient alors que les États-Unis, sous la précédente administration Biden, avaient massivement accru leur soutien militaire à Kiev, une politique que l’administration Trump semble, pour l’instant, vouloir poursuivre, bien que dans des modalités encore floues.
L’entretien de Manille s’inscrit dans un calendrier diplomatique chargé. La rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’Asean constitue une plateforme privilégiée pour des discussions bilatérales de ce type. Pour Moscou, il s’agissait de rappeler que toute livraison d’armes à l’Ukraine est perçue comme une ingérence directe dans le conflit et une escalade potentielle. Le choix de Manille, une capitale asiatique, n’est pas anodin : il permet à la diplomatie russe de s’adresser à Washington sur un terrain neutre, tout en affichant sa capacité à maintenir des relations avec les puissances régionales.
Un contexte de relations bilatérales toujours tendues
Cette mise en garde intervient dans un climat de relations américano-russes particulièrement dégradé. Bien que l’administration Trump ait affiché une volonté de dialogue avec Moscou, les positions sur l’Ukraine restent irréconciliables. D’après des sources diplomatiques, Marco Rubio aurait, de son côté, réaffirmé le soutien américain à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et à son droit à l’autodéfense, sans toutefois entrer dans le détail des futures livraisons.
La rencontre de Manille pourrait également avoir des implications pour les discussions à venir sur un éventuel cessez-le-feu ou un cadre de négociation. En conditionnant son attitude à l’arrêt des livraisons d’armes, Lavrov semble poser une ligne rouge claire. Cette position pourrait compliquer les efforts de médiation déployés par d’autres puissances, notamment la Chine ou les pays du Sud global, qui cherchent à jouer un rôle de facilitateur.
Quelles conséquences pour l’Ukraine et l’équilibre régional ?
Au-delà du face-à-face entre Lavrov et Rubio, cette mise en garde soulève des questions sur la capacité de l’Ukraine à maintenir sa défense sans un afflux continu d’armements occidentaux. Si les États-Unis devaient réduire ou conditionner leurs livraisons, Kiev se trouverait dans une position militaire affaiblie. Cependant, rien n’indique pour l’instant que Washington soit prêt à céder sur ce point, d’autant que le Congrès américain reste majoritairement favorable à un soutien à l’Ukraine.
Par ailleurs, la tenue de cette réunion à Manille rappelle que les tensions en Europe ont des répercussions jusqu’en Asie-Pacifique. La présence de Lavrov et Rubio au sein de l’Asean illustre la volonté des deux puissances de courtiser les pays de la région, tout en y important leurs différends. L’équilibre régional pourrait en être affecté, certains pays membres de l’Asean cherchant à éviter de prendre parti dans ce conflit.
Les prochaines semaines devraient permettre de clarifier si cette mise en garde de Moscou reste un simple avertissement diplomatique ou annonce un durcissement concret des positions russes sur le terrain. La question des livraisons d’armes à l’Ukraine demeure, en tout état de cause, l’un des principaux points de friction entre Washington et Moscou.