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À l'issue de l'enquête publique, la commission d'enquête rend un avis favorable pour le projet Cigéo d'enfouissement de déchets radioactifs dans la Meuse à partir de 2050

Economie · · Par Julie MOREAU

À l'issue de l'enquête publique, la commission d'enquête rend un avis favorable pour le projet Cigéo d'enfouissement de déchets radioactifs dans la Meuse à partir de 2050

## Cigéo : feu vert de la commission d'enquête, dernière ligne droite avant l'autorisation Le projet d'enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux d

## Cigéo : feu vert de la commission d'enquête, dernière ligne droite avant l'autorisation Le projet d'enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux de France franchit une étape décisive. La commission d'enquête publique a rendu un avis favorable au projet Cigéo, à l'issue d'une procédure menée entre mai et juillet, une validation indispensable pour espérer une autorisation gouvernementale. L'information, révélée lundi par les préfectures de la Meuse et de la Haute-Marne et relayée par BFM Business, marque l'aboutissement d'un dossier controversé depuis plus de trois décennies. ## Un projet monumental à 500 mètres sous terre Porté par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), Cigéo vise à enfouir, à partir de 2050, environ 83 000 mètres cubes de déchets issus des centrales nucléaires françaises. Ces matières resteront hautement radioactives pendant plusieurs centaines de milliers d'années, ce qui impose un confinement sur des échelles de temps sans équivalent dans l'histoire industrielle. Le stockage se ferait à 500 mètres de profondeur, dans une couche géologique argileuse située près de Bure, à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne. Le site retenu fait l'objet d'études et de travaux préparatoires depuis les années 1990. ## Deux réserves et deux recommandations L'avis favorable, rendu en août, n'est pas inconditionnel. Les cinq auteurs du rapport l'ont assorti de deux réserves et de deux recommandations. La première réserve porte sur le renforcement du contrôle du Parlement sur la phase industrielle pilote, attendue à l'horizon 2050. Les commissaires souhaitent encadrer précisément ses limites « dans le temps et l'espace », ainsi que les rendez-vous de suivi relatifs à la réversibilité du projet — c'est-à-dire la possibilité de retirer les déchets stockés. La seconde réserve concerne la fiscalité des communes d'accueil : la commission recommande que cette question soit tranchée avant la signature du décret d'autorisation, afin de sécuriser l'acceptation locale. ## 3 166 contributions et une légitimité contestée L'enquête publique a recueilli 3 166 contributions sur deux mois. L'Andra a salué lundi la « diversité » de ces avis, « tant par leur origine locale et nationale que par les thématiques abordées », y voyant le reflet d'« une variété de points de vue et de préoccupations ». La commission d'enquête estime pour sa part que Cigéo « bénéficie d'une légitimité à la fois démocratique et juridique incontestable ». Le projet demeure toutefois contesté par des associations locales et écologistes, qui pointent les incertitudes et les lacunes identifiées au fil de la procédure. Ces oppositions rappellent que l'acceptabilité sociale du stockage géologique profond reste fragile, y compris après une validation formelle. ## Cap sur le décret d'autorisation L'avis de la commission ouvre désormais la voie à un éventuel décret d'autorisation pris par le gouvernement. Plusieurs étapes subsistent néanmoins : la réponse aux réserves formulées, la clarification du régime fiscal des communes concernées et la définition du cadre de suivi parlementaire. Le calendrier reste ambitieux, avec une mise en service industrielle visée pour 2050. D'ici là, le dossier Cigéo continuera de cristalliser les débats sur la gestion à très long terme du legs nucléaire français, entre impératif de sécurité et exigence de transparence démocratique.