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« À la fin, personne ne va en prison » : après l’affaire Lyhanna, la détresse des familles d’enfants victimes de violences sexuelles

Une · · Par Claire BERNARD

« À la fin, personne ne va en prison » : après l’affaire Lyhanna, la détresse des familles d’enfants victimes de violences sexuelles

« À la fin, personne ne va en prison » : après l’affaire Lyhanna, la détresse des familles d’enfants victimes de violences sexuelles Le 19 juin 2026, le journal

« À la fin, personne ne va en prison » : après l’affaire Lyhanna, la détresse des familles d’enfants victimes de violences sexuelles

Le 19 juin 2026, le journal Le Figaro publiait un article intitulé « À la fin, personne ne va en prison » : après l’affaire Lyhanna, la détresse des familles d’enfants victimes de violences sexuelles, signé par Agnès Leclair. Ce reportage, réservé aux abonnés, donne la parole à des parents qui racontent les plaintes classées sans suite, la lenteur des investigations, la mauvaise prise en compte de la parole des enfants et le sentiment d’abandon face à une justice qui, selon eux, peine parfois à reconnaître les violences dénoncées. L’affaire Lyhanna, du nom d’une collégienne de 11 ans retrouvée morte après avoir été violée, a agi comme un électrochoc dans l’opinion publique, ravivant une interrogation plus large : pourquoi les alertes des familles sont-elles si souvent ignorées ?

L’onde de choc de l’affaire Lyhanna

Selon les informations rapportées par Le Figaro, l’émotion a été ravivée jeudi par les résultats de l’autopsie du corps de Lyhanna, confirmant qu’elle avait été violée et la présence de traces biologiques du suspect, Jérôme Barella. Ce drame a suscité une question qui traverse désormais la société : « pourquoi personne n’agit ? ». Alors qu’il fut un temps où l’on se demandait « pourquoi personne n’a rien vu ? », c’est désormais l’inaction présumée des institutions qui est pointée du doigt. Les familles d’enfants victimes de violences sexuelles voient leur douleur se doubler d’une colère qui éclate au grand jour : celle de voir leurs alertes ignorées, leurs plaintes s’enliser et les suspects laissés en liberté. L’affaire Lyhanna n’est pas un cas isolé, mais elle cristallise un sentiment d’abandon généralisé.

Des témoignages de parents en détresse

Dans cet article, des parents ont accepté de raconter leurs parcours judiciaires, souvent semés d’embûches. Ils décrivent des plaintes classées sans suite, des enquêtes qui traînent pendant des mois, voire des années, et une prise en charge psychologique jugée insuffisante pour leurs enfants. L’un des témoignages évoque le cas d’une mère qui a dû attendre deux ans avant que son signalement ne soit pris au sérieux, permettant au suspect de rester en liberté pendant toute cette période. Un autre parent confie : « À la fin, personne ne va en prison. » Cette phrase, reprise en titre par Le Figaro, résume le sentiment d’impunité qui prévaut, selon ces familles, dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs. La lenteur de la justice et le manque de moyens alloués aux enquêtes sont régulièrement dénoncés.

Une justice sous pression et des réformes attendues

La question de la protection de l’enfance et de la réponse judiciaire aux violences sexuelles est au cœur des débats. Selon des sources proches du dossier, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), créée en 2021, a déjà recueilli des milliers de témoignages, dont beaucoup dénoncent des dysfonctionnements similaires. Les familles réclament des mesures concrètes : un meilleur recueil de la parole des enfants, une formation renforcée des magistrats et des enquêteurs, et des délais d’instruction plus courts. L’affaire Lyhanna, par sa violence et la jeunesse de la victime, a remis sur le devant de la scène la nécessité d’une action plus rapide et plus cohérente. Le sentiment d’abandon exprimé par les parents pourrait-il enfin être entendu par les pouvoirs publics ? Les prochains mois diront si les promesses de réforme se concrétisent ou si la détresse des familles reste lettre morte.