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À cause de la sécheresse le prix des fruits et légumes va grimper

Economie · · Par Julie MOREAU

À cause de la sécheresse le prix des fruits et légumes va grimper

La sécheresse qui frappe une large partie du territoire français depuis plusieurs semaines devrait mécaniquement entraîner une hausse des prix des fruits et lég

La sécheresse qui frappe une large partie du territoire français depuis plusieurs semaines devrait mécaniquement entraîner une hausse des prix des fruits et légumes dans les prochaines semaines. Les producteurs, confrontés à des rendements en baisse et à des coûts d’irrigation en hausse, s’attendent à répercuter une partie de ces surcoûts sur les étals. Selon les informations rapportées par BFM Business, la tendance est désormais jugée inévitable par les professionnels du secteur. ### Un stress hydrique qui pèse sur les volumes Les épisodes de canicule successifs et le manque de précipitations ont placé de nombreuses exploitations agricoles en situation de stress hydrique. Les cultures de plein champ, comme les tomates, courgettes, melons ou encore les pommes de terre, sont particulièrement sensibles à ces conditions extrêmes. Les volumes récoltés devraient ainsi être inférieurs à la moyenne des cinq dernières années, une perspective qui tend déjà les cours sur les marchés de gros. Les producteurs doivent par ailleurs composer avec des restrictions d’arrosage décrétées par les préfectures dans plusieurs départements. Ces arrêtés limitent l’usage de l’eau pour l’irrigation, ce qui contraint les exploitants à arbitrer entre les parcelles. Dans ce contexte, les rendements à l’hectare chutent, tandis que les charges liées au pompage et à l’acheminement de l’eau augmentent. Un double effet ciseau qui fragilise les trésoreries des exploitations, déjà mises à l’épreuve par la hausse des intrants. ### Des prix en hausse attendus dès la fin de l’été Les premiers effets sur les prix pourraient se faire sentir dès la fin du mois d’août, selon les observateurs du marché. Les produits les plus concernés seraient les fruits d’été, dont la saison s’achève, mais aussi les légumes de garde destinés à l’automne. Les distributeurs, qui négocient actuellement leurs approvisionnements, anticipent des hausses comprises entre 5 % et 15 % selon les catégories de produits, rapportent les professionnels cités par BFM Business. Cette augmentation s’ajoute à une tendance déjà haussière observée depuis le début de l’année sur de nombreuses denrées alimentaires. Les ménages, dont le budget alimentation est déjà contraint par l’inflation générale, devraient donc faire face à une nouvelle pression sur leur pouvoir d’achat. Les enseignes de grande distribution tentent toutefois de limiter la casse en multipliant les promotions sur les produits les plus sensibles, mais cette marge de manœuvre reste limitée face à la raréfaction de l’offre. ### Des conséquences durables sur le secteur Au-delà de l’impact conjoncturel, cette sécheresse interroge sur la capacité des filières à s’adapter au changement climatique sur le long terme. Les producteurs de lin, également touchés, ont d’ailleurs dû revoir leurs pratiques culturales, comme l’a récemment souligné un reportage consacré à cette filière. L’adaptation passe par le développement de variétés plus résistantes, la modernisation des systèmes d’irrigation ou encore le recours à des cultures moins gourmandes en eau, mais ces investissements nécessitent du temps et des financements. Les organisations professionnelles plaident pour un accompagnement renforcé des pouvoirs publics, notamment via le fonds de calamités agricoles. Elles réclament également une révision des règles d’indemnisation afin de mieux prendre en compte les pertes liées aux aléas climatiques récurrents. La question de la souveraineté alimentaire française est ici directement posée : si les épisodes de sécheresse se multiplient, la dépendance aux importations pourrait s’accroître, avec des conséquences sur les prix et sur l’équilibre de la balance commerciale agroalimentaire. La situation reste toutefois à surveiller de près dans les prochaines semaines, l’évolution des cours dépendant largement des conditions météorologiques à venir. Une dégradation supplémentaire pourrait amplifier la hausse, tandis qu’un retour de la pluie permettrait de limiter l’ampleur du phénomène. Les consommateurs, de leur côté, devraient observer une volatilité accrue des prix sur les étals, signe d’un secteur sous tension.