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"90 % des victimes ne parlent pas" : à Montpellier, une formation inédite pour sensibiliser aux violences sexuelles sur les enfants

Une · · Par Claire BERNARD

# "90 % des victimes ne parlent pas" : à Montpellier, une formation inédite pour sensibiliser aux violences sexuelles sur les enfants Près de 400 professionnels

# "90 % des victimes ne parlent pas" : à Montpellier, une formation inédite pour sensibiliser aux violences sexuelles sur les enfants Près de 400 professionnels se sont réunis à l'Hôtel de ville de Montpellier pour un colloque organisé par l'association Face à l'inceste, visant à former et sensibiliser aux violences sexuelles faites aux enfants. Selon des informations rapportées par Midi Libre, cet événement inédit dans la région s'inscrit dans un contexte où le silence des victimes demeure le principal obstacle à la lutte contre ces crimes. ## Un constat alarmant sur l'ampleur des violences D'après les données présentées lors de ce colloque, 90 % des victimes de violences sexuelles sur enfants ne parleraient jamais de leur calvaire. Ce chiffre, issu de plusieurs études nationales et internationales, illustrerait l'ampleur du phénomène de l'omerta qui entoure ces agressions. Les intervenants ont notamment souligné que les agresseurs sont dans 80 % des cas des proches de la victime, ce qui expliquerait en partie cette difficulté à briser le silence. Les professionnels présents, issus des secteurs médical, éducatif, judiciaire et associatif, ont été invités à réfléchir aux moyens d'identifier plus précocement les signaux d'alerte et d'améliorer la prise en charge des enfants victimes. ## Une formation pour outiller les professionnels en première ligne Le colloque, qui s'est tenu dans les salons de l'Hôtel de ville de Montpellier, a proposé plusieurs ateliers pratiques destinés à former les participants aux bonnes pratiques en matière de signalement et d'accompagnement. Selon les organisateurs, de nombreux professionnels, notamment dans les écoles et les structures médico-sociales, se trouveraient démunis face à une situation de violences sexuelles. La formation visait ainsi à leur fournir des outils concrets : comment recueillir la parole d'un enfant, quels sont les circuits de signalement obligatoires, et comment assurer une protection immédiate de la victime. L'association Face à l'inceste a également rappelé l'importance de ne pas laisser un enfant seul face à un agresseur présumé, et de respecter des protocoles stricts pour ne pas compromettre d'éventuelles procédures judiciaires. ## Le rôle clé des institutions locales dans la protection de l'enfance La Ville de Montpellier, représentée par plusieurs élus lors de ce colloque, a réaffirmé son engagement dans la lutte contre les violences faites aux enfants. D'après des sources municipales, la collectivité aurait mis en place un dispositif de coordination entre les services sociaux, l'éducation nationale et la justice pour faciliter les signalements et le suivi des situations complexes. Ce colloque s'inscrirait dans une démarche plus large de formation continue des agents municipaux, notamment ceux travaillant dans les crèches, les centres de loisirs et les écoles. Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de former les parents, premiers interlocuteurs des enfants, à reconnaître les signes de souffrance et à savoir vers qui se tourner en cas de doute. ## Des perspectives pour renforcer la prévention à l'échelle régionale Face à l'ampleur des chiffres évoqués, les participants ont appelé à une généralisation de ce type de formation sur l'ensemble du territoire régional. Selon les organisateurs, le modèle montpelliérain pourrait être reproduit dans d'autres villes de l'Hérault et de l'Occitanie, en s'appuyant sur les réseaux professionnels déjà existants. L'association Face à l'inceste a également annoncé son intention de développer des outils numériques accessibles aux professionnels isolés, notamment en milieu rural. Toutefois, les intervenants ont reconnu que la formation seule ne suffirait pas : une volonté politique forte, des moyens humains et financiers supplémentaires, ainsi qu'une évolution des mentalités seraient nécessaires pour briser le silence qui entoure encore trop souvent ces violences.