90% de ses revenus dépendent du pétrole: l'Irak déplore un manque à gagner de plus de 40 milliards de dollars en raison du blocage du détroit d'Ormuz

# Irak : 40 milliards de dollars de revenus pétroliers perdus à cause du blocage d'Ormuz L'Irak, dont l'économie dépend à 90% des revenus pétroliers, accuse un
# Irak : 40 milliards de dollars de revenus pétroliers perdus à cause du blocage d'Ormuz
L'Irak, dont l'économie dépend à 90% des revenus pétroliers, accuse un manque à gagner de plus de 40 milliards de dollars depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, selon un responsable gouvernemental cité par BFM Business. Le blocage du détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran depuis l'attaque américano-israélienne fin février contre la République islamique, a provoqué une chute vertigineuse de 90% des exportations irakiennes, faisant passer les recettes mensuelles de 8 milliards à seulement 1,5 milliard de dollars. Si la situation persiste, la facture totale pourrait atteindre 50 milliards de dollars.
## Un effondrement des capacités d'exportation
### La dépendance fatale au détroit d'Ormuz
Membre fondateur de l'Opep, l'Irak acheminait en temps normal la majeure partie de son pétrole brut via le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique aujourd'hui inaccessible. Avant le conflit, le pays produisait environ quatre millions de barils par jour (bpj) et en exportait en moyenne 3,5 millions. Mais le blocus iranien a contraint Bagdad à stopper la production dans la plupart de ses champs pétrolifères, les réservoirs de stockage s'étant rapidement remplis. Les exportations sont désormais limitées aux seuls itinéraires terrestres passant par la Turquie et la Syrie voisines, des voies dont la capacité est très inférieure aux besoins.
### Des infrastructures sous pression
Dans ce contexte, la raffinerie de Nahr Bin Umar, située à Bassora, illustre les défis auxquels l'Irak est confronté. Dotée d'une capacité de production quotidienne d'environ 45 000 barils de pétrole brut et 1 800 barils de condensat, elle fait partie d'un réseau énergétique qui cherche à s'adapter. Selon un communiqué de la Basra Gas Company (BGC), un projet récent a permis d'intégrer le gaz naturel extrait du gisement de Bin Omar au réseau gazier de North Rumaila, grâce à un nouveau pipeline d'environ 5 kilomètres. L'objectif affiché est d'injecter chaque jour 70 à 80 millions de mètres cubes de gaz supplémentaires dans l'économie irakienne, et de contribuer à hauteur de 500 à 600 tonnes de gaz de pétrole liquéfié (GPL) par jour à l'approvisionnement énergétique du pays. Ces initiatives, bien que prometteuses, ne compensent toutefois pas l'ampleur des pertes pétrolières.
## Des perspectives économiques assombries
### Une facture qui pourrait s'alourdir
Pour un pays dont les recettes mensuelles se sont effondrées de 8 milliards à 1,5 milliard de dollars, la situation est critique. Le manque à gagner de plus de 40 milliards de dollars représente un choc économique sans précédent pour Bagdad, qui dépend quasi exclusivement de l'or noir pour financer son budget et ses importations. Si le conflit se prolonge, les projections indiquent que la facture pourrait grimper à 50 milliards de dollars, aggravant encore les fragilités d'un pays déjà marqué par des décennies d'instabilité.
### Des solutions de contournement limitées
L'Irak tente de diversifier ses routes d'exportation via la Turquie et la Syrie, mais ces alternatives restent marginales face au volume habituellement écoulé par Ormuz. La capacité des oléoducs existants est insuffisante pour absorber la production, et les investissements nécessaires à leur expansion prendraient des années. Par ailleurs, la dépendance de l'Irak au pétrole, qui représente 90% de ses revenus, rend toute diversification économique urgente mais difficile à mettre en œuvre à court terme.
La crise actuelle expose brutalement la vulnérabilité structurelle de l'économie irakienne, prisonnière de sa mono-dépendance aux hydrocarbures et de sa position géographique stratégique. Alors que le conflit au Moyen-Orient se prolonge, Bagdad risque de voir ses marges de manœuvre budgétaires se réduire encore, avec des conséquences potentiellement lourdes pour sa population et sa stabilité politique.