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90% de ses recettes sont tirées des exportations pétrolières: l'Irak signe un accord avec le géant américain Halliburton pour produire plus d'hydrocarbures

Economie · · Par Julie MOREAU

90% de ses recettes sont tirées des exportations pétrolières: l'Irak signe un accord avec le géant américain Halliburton pour produire plus d'hydrocarbures

L’Irak mise sur Halliburton pour relancer sa production pétrolière Le gouvernement irakien a officialisé, dimanche 5 juillet, un accord majeur avec le géant amé

L’Irak mise sur Halliburton pour relancer sa production pétrolière

Le gouvernement irakien a officialisé, dimanche 5 juillet, un accord majeur avec le géant américain des services pétroliers Halliburton pour l’exploitation conjointe de deux champs pétroliers dans le sud du pays. Alors que Bagdad tire 90 % de ses recettes budgétaires des exportations d’hydrocarbures, cet accord stratégique vise à accroître significativement la production de pétrole et de gaz, dans un contexte de relèvement des quotas de l’Opep+ et de besoin urgent de financement pour reconstruire des infrastructures dévastées par des décennies de conflits. La signature intervient alors que le nouveau Premier ministre, Ali al-Zaïdi, cherche à attirer les investisseurs étrangers, un enjeu vital pour une économie exsangue.

Un contrat pour deux champs clés dans la province de Bassorah

La compagnie nationale Basra Oil Company a signé un accord d’exploitation conjointe avec Halliburton pour les champs de Bin Omar et Sinbad, situés dans la province pétrolifère de Bassorah, dans le sud de l’Irak. Selon le communiqué du ministère du Pétrole, l’objectif est d’extraire 150 000 barils par jour (bpj) supplémentaires du champ Bin Omar, et entre 80 000 et 100 000 bpj supplémentaires du champ Sinbad, et ce dans un délai de cinq ans. Le ministre du Pétrole, Bassem Khodeir, a souligné que cet accord s’inscrit dans le cadre des ambitions de Bagdad « d’augmenter la production de pétrole et de gaz ». Halliburton, l’un des leaders mondiaux des services pétroliers, apportera son expertise technique et ses technologies pour optimiser l’extraction sur ces sites, dont le potentiel est jugé sous-exploité.

Une dépendance budgétaire extrême au pétrole

Cette annonce intervient dans un contexte économique particulièrement tendu pour l’Irak. Le pays dépend à 90 % de ses recettes budgétaires des exportations de pétrole, ce qui le rend extrêmement vulnérable aux fluctuations des cours et aux décisions de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+). Dimanche 5 juillet, l’Irak, aux côtés de l’Arabie saoudite, de la Russie et de quatre autres membres de l’Opep+, a décidé de relever à nouveau ses quotas de production, sur fond de signaux encourageants concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz, après la guerre au Moyen-Orient. Cette décision, soutenue par le gouvernement dirigé par Ali al-Zaïdi, vise à capter la hausse de la demande mondiale et à maximiser les recettes d’exportation, alors que les besoins de financement pour la reconstruction sont immenses.

Un appel aux investisseurs étrangers après des années de conflits

Convié mi-juillet à la Maison Blanche, le Premier ministre Ali al-Zaïdi cherche activement à attirer les investisseurs étrangers, après des années de conflits qui ont dévasté les infrastructures pétrolières et gazières du pays. L’accord avec Halliburton s’inscrit dans cette stratégie de redéploiement industriel et de modernisation des capacités d’extraction. En parallèle, les données américaines témoignent de l’importance stratégique du marché pétrolier mondial : les stocks de pétrole américains s’élevaient à 743,3 millions de barils selon les dernières données disponibles de l’Energy Information Administration (EIA) au 30 juin. Pour l’Irak, l’enjeu est double : augmenter sa production pour répondre aux quotas de l’Opep+ tout en attirant les capitaux nécessaires à la remise à niveau de son outil industriel, dans un environnement géopolitique encore fragile.

Ce partenariat avec Halliburton pourrait marquer un tournant pour l’industrie pétrolière irakienne, mais sa réussite dépendra de la stabilité sécuritaire et de la capacité du gouvernement à honorer ses engagements contractuels. L’Irak joue une partie décisive pour sécuriser ses principales sources de revenus, alors que la transition énergétique mondiale incite les grands producteurs à maximiser leurs rendements à court et moyen terme.