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9% de notre salaire brut doit irriguer ces fonds de pension: pour sauver nos retraites, Eric Ciotti plaide pour "une dose de capitalisation" avec une montée en puissance en 15 ans

Economie · · Par Julie MOREAU

9% de notre salaire brut doit irriguer ces fonds de pension: pour sauver nos retraites, Eric Ciotti plaide pour

# Retraite : Eric Ciotti propose une "dose de capitalisation" avec 9% du salaire brut fléché vers des fonds dédiés Le président de l'UDR, Eric Ciotti, a plaidé

# Retraite : Eric Ciotti propose une "dose de capitalisation" avec 9% du salaire brut fléché vers des fonds dédiés Le président de l'UDR, Eric Ciotti, a plaidé mardi pour l'introduction d'une part de capitalisation dans le système de retraite français, avec une montée en puissance sur 15 ans. Selon le député des Alpes-Maritimes, cette mesure constituerait "la réponse la plus pertinente" au défi démographique qui fragilise le régime actuel par répartition. Lors d'un colloque organisé par son parti, il a détaillé un mécanisme où 9% du salaire brut serait progressivement orienté vers des fonds de capitalisation. ## Un constat d'échec du système par répartition ### "Notre système de répartition n'est plus viable à long terme" Eric Ciotti a livré un diagnostic sans concession du système actuel de retraite par répartition. "On peut indéfiniment jouer sur le curseur de l'âge, mais ça ne sera pas définitif", a-t-il affirmé, regrettant la suspension de la réforme des retraites portant l'âge légal à 64 ans, qu'il avait soutenue lorsqu'il siégeait encore chez Les Républicains. L'ancien allié du RN estime que les ajustements paramétriques ne suffiront plus face au vieillissement de la population. Le ratio entre actifs cotisants et retraités continue de se dégrader, rendant selon lui le système par répartition structurellement déséquilibré. La suspension de la réforme par le gouvernement de Sébastien Lecornu est perçue par Ciotti comme une occasion manquée de stabiliser les comptes. ## Un mécanisme de capitalisation progressive ### 9% du salaire brut fléché vers des fonds dédiés Le député des Alpes-Maritimes propose l'ajout d'"un étage" de capitalisation au-dessus du socle existant de la retraite par répartition. Concrètement, il envisage une "montée en puissance" sur 15 ans, après avoir initialement évoqué une durée de 9 ans. Selon son entourage, l'objectif final serait de flécher 9% du salaire brut vers des fonds de capitalisation. Ces fonds auraient pour vocation "de permettre l'augmentation de la retraite de façon conséquente", a-t-il expliqué. Ce mécanisme s'inspirerait des modèles existant dans plusieurs pays européens, où la capitalisation vient compléter un régime de base par répartition. Eric Ciotti a également évoqué la possibilité d'utiliser les excédents du régime de retraites complémentaires Agirc-Arrco pour "amorcer le fonds de transition" nécessaire à la mise en place de cette réforme. ## Un positionnement politique qui interroge ### Une convergence avec Marine Le Pen sur le principe Cette proposition intervient alors que Marine Le Pen s'est récemment déclarée favorable à l'instauration d'une part de capitalisation "pour ceux qui le peuvent". Eric Ciotti, allié du RN depuis deux ans, semble ainsi s'inscrire dans une ligne commune avec la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale. Toutefois, des divergences subsistent sur les modalités précises et le calendrier. Le patron de l'UDR assume un positionnement plus tranché que celui de son alliée, en proposant un mécanisme obligatoire et progressif. Ce débat relance la question de la soutenabilité du système de retraite français, alors que le déficit du régime devrait se creuser dans les années à venir sous l'effet du papy-boom et des tensions sur le marché du travail. ## Perspectives et enjeux La proposition d'Eric Ciotti s'inscrit dans un contexte où la question des retraites reste un sujet politiquement sensible en France. Le passage à un système mixte répartition-capitalisation représenterait une rupture majeure avec le modèle instauré après-guerre. Les partisans de la capitalisation y voient un moyen de diversifier les sources de financement des retraites et de permettre aux actifs de bénéficier de rendements financiers. Ses détracteurs dénoncent un risque d'accroissement des inégalités entre ceux qui pourront accumuler un capital et les autres. La mise en œuvre technique d'un tel dispositif, avec la création de fonds de pension gérés par des organismes paritaires ou privés, soulève également des questions de régulation et de garantie des placements. Le débat est désormais lancé, alors que les échéances électorales de 2027 approchent.