9,5 milliards de dollars pour payer des fonctionnaires à ne pas travailler: Elon Musk devait faire faire des économies à l’État américain mais son remède a coûté très cher

## Le Doge ou le paradoxe du remède plus coûteux que le mal Le Département de l'efficacité gouvernementale (Doge), la cellule créée sous l'administration Trump
## Le Doge ou le paradoxe du remède plus coûteux que le mal
Le Département de l'efficacité gouvernementale (Doge), la cellule créée sous l'administration Trump pour réduire les dépenses fédérales et pilotée à l'époque par Elon Musk, a coûté environ 9,5 milliards de dollars en paiements d'employés placés en congé rémunéré, selon un rapport du Bureau de la responsabilité gouvernementale (GAO) relayé par BFM Business. Une somme qui interroge, alors que cette structure promettait des centaines de milliards d'économies.
## Un dispositif de départs volontaires massif
Le mécanisme central de cette dépense réside dans le programme de démission différée lancé en janvier 2025 par l'administration Trump. Environ deux millions de fonctionnaires fédéraux se sont vu proposer de quitter leurs postes tout en conservant l'intégralité de leur salaire et de leurs avantages sociaux jusqu'au 30 septembre. Ceux qui ont accepté cette offre ont donc continué à être rémunérés pendant neuf mois au maximum après leur départ effectif. Selon le rapport du GAO, ce seul programme représente 6,7 milliards de dollars, soit environ 70 % du total des coûts identifiés. L'objectif affiché était d'encourager les départs volontaires afin de réduire les effectifs sans procéder à des licenciements secs.
## Une structure dissoute, une facture persistante
Le Doge a depuis cessé ses activités, et c'est l'Office of Personnel Management (OPM) qui a repris la plupart de ses fonctions. Ce transfert de compétences n'a pas effacé les engagements financiers pris au titre des départs anticipés. La question de la soutenabilité budgétaire de ces mesures se pose d'autant plus que la promesse initiale portait sur des économies substantielles et récurrentes, et non sur une dépense ponctuelle.
## La défense de l'OPM
Scott Kupor, président de l'OPM, a répondu au rapport par courrier. Il y défend la logique économique du dispositif, expliquant que l'OPM prévoit des économies de 20 milliards de dollars par an grâce aux réductions d'effectifs. Selon lui, les 6,7 milliards de dollars constituent une dépense ponctuelle, tandis que les économies, elles, se répètent chaque année. « Cette distinction est cruciale », insiste-t-il dans sa lettre, citée par BFM Business. Cette argumentation vise à replacer les coûts dans une perspective pluriannuelle, où l'investissement initial serait amorti par la baisse structurelle de la masse salariale.
## Un enjeu de transparence budgétaire
Au-delà du cas particulier du Doge, ce rapport met en lumière la difficulté d'évaluer l'impact réel des politiques de réduction des effectifs publics. Les coûts immédiats, comme les indemnités et les salaires maintenus, sont documentés et quantifiables. Les économies annoncées, en revanche, reposent sur des projections qui dépendent de l'évolution des besoins de l'administration et du périmètre des missions transférées ou supprimées. Le débat reste donc ouvert entre les partisans d'une rationalisation rapide et ceux qui soulignent le coût social et budgétaire à court terme de ces restructurations.
Le GAO, organisme de surveillance du Congrès, joue ici son rôle d'alerte sur l'usage des fonds publics. La publication de ce rapport intervient dans un contexte où la gestion de l'appareil fédéral américain continue de faire l'objet de vifs débats politiques et économiques.