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7 librairies Furet du Nord et 4 Decitre vont fermer: en redressement judiciaire, le groupe Nosoli annonce une réorganisation et prévoit 163 suppressions de postes

Economie · · Par Julie MOREAU

7 librairies Furet du Nord et 4 Decitre vont fermer: en redressement judiciaire, le groupe Nosoli annonce une réorganisation et prévoit 163 suppressions de postes

7 librairies Furet du Nord et 4 Decitre vont fermer : le groupe Nosoli annonce 163 suppressions de postes Le groupe Nosoli, maison mère des librairies Furet du

7 librairies Furet du Nord et 4 Decitre vont fermer : le groupe Nosoli annonce 163 suppressions de postes

Le groupe Nosoli, maison mère des librairies Furet du Nord et Decitre, a dévoilé ce mardi un plan de réorganisation drastique dans le cadre de son redressement judiciaire. Placé sous la protection du tribunal depuis le 1er juin, le groupe prévoit la fermeture de 11 de ses 27 magasins et la suppression de 163 postes au maximum. Cette annonce illustre les difficultés persistantes du secteur de la librairie physique en France, confronté à une concurrence féroce du commerce en ligne et à une évolution des habitudes de lecture.

Un plan social d’ampleur

Les fermetures concernent sept librairies Furet du Nord, situées à Aéroville, Béthune, Saint-Quentin-en-Yvelines, Plaisir, Reims, Roubaix et Villeneuve d’Ascq. Côté Decitre, quatre magasins sont visés : ceux de Lyon-Bellecour, Lyon-Confluence, Grenoble et Saint-Étienne. Au total, ces 11 points de vente emploient 115 collaborateurs. Le groupe a également indiqué que des ajustements d’effectifs sont envisagés dans les magasins maintenus ainsi que dans les fonctions support. En 2024, Nosoli avait déjà supprimé 50 postes et fermé trois librairies Furet du Nord (Lille, Paris, Beauvais) ainsi que deux Decitre (Annemasse et Bezons). Le groupe, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros en 2025, justifie cette réorganisation par la nécessité d’« assurer la pérennité de ses activités ».

Un secteur de la librairie en souffrance

Le secteur des librairies traverse une période difficile en France. La concurrence du e-commerce, portée par des géants comme Amazon, fragilise les enseignes physiques, tandis que la lecture sur papier connaît un déclin structurel. En avril, le tribunal des affaires économiques de Paris a ainsi placé en redressement judiciaire le groupe Gibert, premier libraire indépendant de France, qui mise désormais sur le segment du livre d’occasion pour se relancer. Plus récemment, la librairie indépendante montpelliéraine Sauramps, institution vieille de 80 ans, a demandé mi-juin son placement en redressement judiciaire face à de fortes difficultés financières. Ces signaux confirment une tendance lourde : la rentabilité des librairies de centre-ville et de périphérie est de plus en plus compromise.

Un héritage historique menacé

Fondé à Lille en 1921, le Furet du Nord est une enseigne emblématique du Nord de la France, notamment pionnière du libre-service en librairie à partir de 1959. Sa fusion avec Decitre, groupe lyonnais, sous la bannière Nosoli visait à créer un acteur capable de résister aux mutations du marché. Mais les résultats financiers et les fermetures annoncées montrent que la consolidation n’a pas suffi. Le plan de réorganisation devra être validé par le tribunal de commerce, qui examinera les garanties apportées pour les salariés et les créanciers. À terme, l’objectif affiché par Nosoli est de préserver un réseau resserré mais viable, tout en tentant de s’adapter à un environnement où la vente de livres papier doit composer avec le numérique et les plateformes.

Perspectives incertaines

Alors que le groupe amorce cette restructuration, la question de la pérennité des librairies indépendantes se pose avec acuité. Les fermetures annoncées, si elles sont confirmées, réduiront encore l’offre de proximité dans plusieurs bassins de vie. Le secteur attend désormais les décisions du tribunal, qui devra trancher sur le plan social et sur l’avenir des magasins maintenus. Pour les 163 salariés potentiellement concernés par les suppressions de postes, l’incertitude demeure, tandis que le marché du livre français continue de chercher un équilibre entre tradition et modernisation.