67 % des parents disent manquer de moyens pour avoir un enfant de plus

Selon une enquête de l'Observatoire des familles de l'Unaf, réalisée par OpinionWay auprès de 2 500 parents ayant au moins un enfant de moins de 20 ans au foyer
Selon une enquête de l'Observatoire des familles de l'Unaf, réalisée par OpinionWay auprès de 2 500 parents ayant au moins un enfant de moins de 20 ans au foyer, 67 % des parents déclarent ne pas disposer de ressources financières suffisantes pour envisager un enfant supplémentaire. Ce chiffre, rapporté par Le Figaro le 16 septembre 2026, illustre un frein économique qui semble peser de manière croissante sur les projets familiaux en France.
## Un frein financier aux profils marqués
D'après les résultats de cette enquête, la contrainte budgétaire ne touche pas les parents de manière uniforme. Elle serait particulièrement marquée chez les jeunes parents, dont 73 % estiment ne pas avoir les moyens d'agrandir leur famille, une proportion identique chez les femmes. Les habitants des zones rurales seraient également davantage concernés, à hauteur de 71 %. Ces écarts suggèrent que les arbitrages économiques liés à la natalité varient selon l'âge, le genre et le lieu de résidence, des facteurs qui pourraient refléter des inégalités d'accès à l'emploi, aux services ou au logement.
## Une dégradation perceptible de la situation des familles
Au-delà de la question d'un enfant supplémentaire, l'enquête met en évidence une dégradation plus large du sentiment de sécurité financière des ménages. Ainsi, 63 % des familles se disent contraintes ou « juste » financièrement, et un quart d'entre elles qualifient même leur situation de « difficile ». Par ailleurs, 53 % des parents estiment ne pas avoir les moyens de préparer l'avenir de leur enfant, contre 43 % en 2024, soit une progression de dix points en deux ans. Cette évolution pourrait traduire une inquiétude croissante face aux dépenses liées à l'éducation, à la santé ou à l'installation des jeunes générations.
## Une natalité française en recul marqué
Ce contexte financier s'inscrit dans une tendance démographique préoccupante. Selon les données rappelées par Le Figaro, la France a perdu près d'un quart de ses naissances en quinze ans. En 2025, 643 905 bébés sont nés, soit environ 190 000 de moins qu'en 2010. La corrélation entre perception économique et comportement démographique, sans être mécanique, semble donc difficile à ignorer. En effet, les intentions de fécondité exprimées par les parents interrogés pourraient, si elles se confirment, accentuer encore le recul observé ces dernières années.
## Un enjeu de politique familiale
Ces résultats, issus d'un organisme rattaché à l'Unaf, pourraient alimenter les débats sur l'efficacité des dispositifs d'aide aux familles. Toutefois, l'enquête ne permet pas, à elle seule, d'établir un lien direct entre montants des prestations et décisions de natalité. D'autres facteurs, notamment l'emploi, le logement ou l'organisation des modes de garde, pourraient également intervenir. La question d'un ajustement des politiques publiques en faveur des familles demeure ouverte, alors que les indicateurs démographiques continuent de susciter l'attention des autorités.