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500 000 consultations assurées en Occitanie : grâce à son plan choc, la Région redonne un médecin traitant à plus de 38 000 personnes

Une · · Par Claire BERNARD

500 000 consultations assurées en Occitanie : grâce à son plan choc, la Région redonne un médecin traitant à plus de 38 000 personnes

500 000 consultations assurées en Occitanie : grâce à son plan choc, la Région redonne un médecin traitant à plus de 38 000 personnes Face à la désertification

500 000 consultations assurées en Occitanie : grâce à son plan choc, la Région redonne un médecin traitant à plus de 38 000 personnes

Face à la désertification médicale qui fragilise de nombreux territoires, la Région Occitanie semble avoir trouvé une réponse structurelle. Selon des informations rapportées par Midi Libre, le dispositif "Ma santé, ma Région", lancé il y a quatre ans, aurait permis de salarier 133 professionnels de santé, d'assurer 500 000 consultations et de redonner un médecin traitant à 38 854 patients. Ce bilan, présenté comme inédit pour une collectivité territoriale, interroge sur la capacité des régions à pallier les carences du système de santé national.

Un dispositif régional salarié pour lutter contre les déserts médicaux

Le plan "Ma santé, ma Région", déployé depuis 2020, repose sur un principe simple mais ambitieux : salarier directement des médecins et des professionnels paramédicaux pour les affecter dans les zones sous-dotées. Selon les données fournies par la collectivité, 133 praticiens auraient ainsi été recrutés, exerçant dans des maisons de santé pluriprofessionnelles, des centres de santé ou directement au sein de structures régionales. En quatre ans, ce sont près de 500 000 consultations qui auraient été réalisées, un chiffre qui témoigne d'une montée en charge progressive du dispositif.

L'originalité de cette approche réside dans le statut de salarié offert aux médecins, un modèle qui se distingue du libéral traditionnel. La Région assume ainsi les charges administratives et salariales, permettant aux praticiens de se concentrer sur leur activité clinique. Ce mécanisme pourrait expliquer en partie l'attractivité du dispositif, dans un contexte où le manque de médecins traitants pousse les patients à renoncer aux soins.

38 854 patients retrouvent un médecin traitant : un impact social mesurable

Au-delà du volume de consultations, l'effet le plus tangible du plan régional est la reconnexion de 38 854 patients avec un médecin traitant. Dans une région où certains secteurs ruraux ou périurbains connaissent un taux de médecins généralistes inférieur à la moyenne nationale, ce chiffre représente une amélioration significative de l'accès aux soins primaires. Selon des sources gouvernementales, la proportion de patients sans médecin traitant dépassait parfois les 20 % dans certains départements comme la Lozère ou l'Ariège.

Le dispositif a également permis de réduire les inégalités territoriales en matière de suivi médical. Les patients concernés, souvent âgés ou atteints de pathologies chroniques, auraient pu bénéficier d'un suivi régulier, réduisant potentiellement les passages aux urgences. Toutefois, des questions persistent quant à la pérennité de ce modèle, notamment en termes de financement et de recrutement futur.

Un modèle régional qui interroge l'État et les agences sanitaires

La réussite apparente de "Ma santé, ma Région" soulève des enjeux plus larges pour la politique de santé publique en France. Alors que l'État centralise traditionnellement la gestion des soins via l'Assurance maladie et les Agences régionales de santé (ARS), l'initiative occitane illustre une volonté de décentralisation accrue. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2022, les régions disposent de compétences limitées en matière de santé, mais peuvent agir via des fonds propres ou des partenariats.

Cependant, le modèle salarial régional n'est pas sans susciter des réserves. Certains syndicats de médecins libéraux craignent une concurrence déloyale avec le secteur privé, tandis que des économistes de la santé interrogent la soutenabilité budgétaire d'un tel dispositif à long terme. La Région Occitanie, qui aurait investi plusieurs millions d'euros dans ce plan, devra démontrer que les résultats justifient l'investissement, surtout dans un contexte de contraintes budgétaires.

Perspectives : vers une généralisation du modèle régional ?

Le bilan de "Ma santé, ma Région" pourrait servir de référence pour d'autres collectivités confrontées à la désertification médicale. Plusieurs régions, comme la Nouvelle-Aquitaine ou l'Auvergne-Rhône-Alpes, auraient déjà engagé des réflexions similaires, selon des sources internes aux ARS. Cependant, la généralisation de ce modèle nécessiterait une harmonisation juridique et financière au niveau national, ce que le gouvernement n'a pas encore officiellement envisagé.

En attendant, l'Occitanie continue d'étendre son dispositif, avec l'objectif affiché d'atteindre 200 professionnels salariés d'ici 2026. Si les 500 000 consultations et les 38 854 patients retrouvés constituent un premier succès mesurable, la véritable épreuve sera celle de la durée et de la capacité à maintenir un niveau de soins équitable sur l'ensemble du territoire régional.