+5,6% pour le sucre, +3,4% pour les céréales... Les vagues de chaleur, les prix de l'énergie et le contexte géopolitique tendu poussent les prix alimentaires à la hausse en juillet

Les prix alimentaires mondiaux sont repartis à la hausse au mois de juillet, selon les données publiées vendredi par l'Organisation des Nations unies pour l'ali
Les prix alimentaires mondiaux sont repartis à la hausse au mois de juillet, selon les données publiées vendredi par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). L'indice FAO des prix alimentaires a progressé de 0,6% sur un mois et de 1% par rapport à l'année précédente, porté notamment par les cours du sucre, des céréales et des huiles végétales, dans un contexte marqué par les vagues de chaleur, la hausse des prix de l'énergie et les tensions géopolitiques.
### Une flambée portée par le sucre et les céréales
Selon les informations rapportées par BFM Business, le sucre a enregistré la plus forte augmentation du mois avec une hausse de 5,6% de ses prix. Cette progression s'explique par les "inquiétudes" générées par les effets des canicules et sécheresses sur la production européenne, ainsi que par le phénomène El Niño qui affecte la production asiatique, a relevé la FAO. Les céréales n'ont pas été en reste, avec une augmentation de 3,4% de leurs cours, tirée notamment par le blé dont les prix ont bondi de 5,8% en juillet et de 9,9% sur un an. L'organisation onusienne a souligné des "inquiétudes accrues concernant la poursuite des perturbations des flux d'exportation en mer Noire", qui alimentent la tension sur ce marché stratégique.
### Les huiles végétales à leur plus haut niveau depuis juin 2022
L'indice des huiles végétales a également contribué à cette dynamique haussière, avec une progression de 2% sur le mois. Selon la FAO, cet indice atteint désormais "son plus haut niveau depuis juin 2022". Les prix de l'huile de palme sont "principalement soutenus par la fermeté de la demande du secteur du biodiesel en Indonésie et par la hausse des prix du pétrole brut", précise l'organisation. Par ailleurs, la production de maïs, dont les prix ont augmenté de 3,6%, a subi les conséquences conjuguées de la hausse des coûts de l'énergie et des épisodes de chaleur intense. Seul le riz est resté globalement stable sur la période.
### Des baisses partielles sur la viande et les produits laitiers
Toutefois, ces augmentations ont été "partiellement compensées par les baisses" des cours "de la viande et des produits laitiers", selon la FAO. Cette atténuation relative n'empêche pas une tendance de fond préoccupante : malgré une hausse mensuelle et annuelle, l'indice global reste inférieur de 8% comparé à l'année dernière, ce qui témoigne d'une volatilité persistante des marchés agricoles mondiaux. Les dérèglements climatiques, conjugués aux tensions géopolitiques et aux coûts énergétiques, continuent de peser sur un système alimentaire mondial fragilisé, avec des répercussions potentielles sur les ménages les plus vulnérables, notamment dans les pays importateurs nets de denrées alimentaires.
### Des perspectives incertaines pour les prochains mois
Les observateurs s'interrogent désormais sur la trajectoire des prix dans les semaines à venir. La poursuite des perturbations des flux d'exportation en mer Noire, liées au contexte géopolitique régional, pourrait maintenir une pression haussière sur les cours du blé. De même, l'évolution du phénomène El Niño et ses conséquences sur les récoltes asiatiques demeurent un facteur d'incertitude majeur pour les marchés du sucre. Les politiques monétaires des grandes banques centrales, qui influencent directement les coûts de financement des acteurs du secteur agricole, constituent également un paramètre à surveiller. La FAO, qui suit ces évolutions mois après mois, devrait apporter de nouveaux éclaircissements lors de la publication de son prochain rapport, attendu début septembre.