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40 vols EasyJet annulés samedi et "probablement autant dimanche" en raison d'une grève du personnel insatisfait des conditions de travail

Economie · · Par Julie MOREAU

40 vols EasyJet annulés samedi et

Une quarantaine de vols EasyJet au départ de la France seront annulés ce samedi 15 août, et un nombre similaire est attendu dimanche 16 août, en raison d'un mou

Une quarantaine de vols EasyJet au départ de la France seront annulés ce samedi 15 août, et un nombre similaire est attendu dimanche 16 août, en raison d'un mouvement de grève du personnel navigant commercial. L'intersyndicale, regroupant le SNPNC-FO, l'UNPNC-CFDT et l'UNAC-CFE-CGC, a appelé à cesser le travail après l'échec des discussions avec la direction sur l'amélioration des conditions de travail. Les syndicats dénoncent une "dégradation continue" de la situation des hôtesses et stewards, avec des plannings instables et des changements de dernière minute. ## Un préavis de grève étendu du 7 août au 2 septembre Le mouvement social ne se limite pas à ce week-end. Les trois syndicats ont déposé un préavis de grève couvrant la période du 7 août au 2 septembre, avec des journées d'action ciblées les 15 et 16 août. William Bourdon, responsable du syndicat SNPNC-FO, a confirmé jeudi à l'AFP qu'une quarantaine de vols seraient annulés samedi, et "probablement autant dimanche". Il a toutefois nuancé : "Pour dimanche, on n'a pas encore la visibilité totale car les collègues ont jusqu'à demain minuit pour se déclarer." Cette incertitude complique la gestion des passagers, nombreux en cette période estivale. Le préavis initial, déposé début août, visait à mettre en cause les conditions de travail dégradées. Parmi les griefs : l'instabilité des plannings, les changements de dernière minute et les "trippings" imposés, c'est-à-dire des enchaînements de vols sans repos suffisant. Les syndicats estiment que ces pratiques se sont intensifiées ces derniers mois, fragilisant la santé des équipes et la qualité du service. ## La direction dénonce une action "opportuniste" De son côté, EasyJet a réagi fermement. Dans une déclaration transmise mercredi à l'AFP, la compagnie britannique à bas coûts a appelé les syndicats "à renoncer à cette action opportuniste à une période aussi importante de l'année". Le week-end du 15 août s'annonce en effet très chargé dans les transports, avec des millions de déplacements prévus à travers l'Europe. La compagnie souligne avoir soumis des "propositions d'ajustements" pour répondre aux demandes des syndicats, et rappelle que "des négociations sont prévues en septembre". EasyJet estime que ce mouvement de grève intervient "en dehors de tout processus formel de négociation", une position qui contraste avec celle des syndicats. Ces derniers affirment que les discussions de mercredi ont échoué, faute d'avancées concrètes sur les revendications. Le climat social reste donc tendu, alors que la compagnie a connu un exercice 2016-2017 difficile, avec un bénéfice net annuel en net décrochage. Ce contexte financier pourrait expliquer la volonté de la direction de limiter les coûts, au détriment des conditions de travail selon les syndicats. ## Un week-end de forte affluence sous tension L'impact de cette grève intervient au pire moment pour les voyageurs. Le 15 août, jour férié en France et dans plusieurs pays européens, marque traditionnellement un pic de fréquentation dans les aéroports. Les passagers concernés par les annulations devront être rebookés sur d'autres vols ou se voir proposer un remboursement, conformément à la réglementation européenne. Toutefois, avec un nombre de vols annulés estimé à quatre-vingts sur le week-end, les capacités de réacheminement pourraient être saturées. Les syndicats, eux, ne comptent pas lâcher prise. Ils appellent à une mobilisation durable pour obtenir des garanties écrites sur l'amélioration des conditions de travail. La direction, de son côté, mise sur les négociations de septembre pour apaiser le climat social. En attendant, les passagers doivent s'attendre à des perturbations significatives, et les compagnies concurrentes pourraient profiter de cette situation pour capter une partie de la demande. La suite des événements dépendra de la capacité des deux parties à trouver un terrain d'entente, mais l'issue reste incertaine à l'approche de la fin de la saison estivale.