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4% des salariés concentrent à eux seuls 61% de l'absentéisme dans les entreprises (et les cadres sont de plus en plus concernés)

Economie · · Par Julie MOREAU

4% des salariés concentrent à eux seuls 61% de l'absentéisme dans les entreprises (et les cadres sont de plus en plus concernés)

## Un absentéisme de plus en plus concentré sur une minorité de salariés Selon le dernier baromètre absentéisme privé du cabinet WTW, relayé par BFM Business, l

## Un absentéisme de plus en plus concentré sur une minorité de salariés Selon le dernier baromètre absentéisme privé du cabinet WTW, relayé par BFM Business, le taux moyen d'absentéisme dans les entreprises privées atteint 4,95% en 2025, en progression pour la deuxième année consécutive. Un chiffre qui masque surtout une réalité préoccupante : une petite fraction de salariés concentre désormais l'essentiel des jours d'absence. ## Une concentration record du phénomène Le constat le plus marquant de l'étude concerne la très forte concentration de l'absentéisme. Selon WTW, 11% des salariés absents — soit seulement 4% de l'ensemble des salariés — cumulent individuellement plus de 90 jours d'absence sur l'année. Ces profils concentrent à eux seuls 61% de l'absentéisme total, une part en progression continue puisqu'elle s'établissait à 58% en 2023. À l'autre extrémité de l'échelle, 41% des salariés absents s'arrêtent entre un et sept jours dans l'année. Ces absences de courte durée pèsent peu dans le volume global, mais le cabinet souligne leur impact réel sur l'organisation des équipes. ## Une durée d'absence qui s'allonge Au-delà de la concentration, la durée moyenne des arrêts continue de s'allonger. Elle atteint 38 jours en moyenne en 2025, soit deux jours de plus qu'en 2023. La fréquence des arrêts, établie à 1,74, poursuit par ailleurs sa progression légère mais régulière depuis 2021. Si la prévalence reste stable — un salarié sur trois étant absent au moins une fois dans l'année (34%) —, ces chiffres traduisent un phénomène qui s'installe dans la durée. Le taux moyen de 4,95% reste toutefois inférieur au pic de 2022, qui s'élevait à 5,3%, mais il demeure, selon WTW, « très supérieur aux niveaux des années 2010 », alors inférieurs à 4%. ## Des disparités fortes entre populations Ces moyennes dissimulent d'importantes différences selon les catégories de salariés. Le taux d'absentéisme reste nettement supérieur pour les non-cadres (+26% en 2025), pour les seniors de plus de 50 ans (+26%) et pour les femmes (+21%). Ces trois populations demeurent les plus exposées, une tendance déjà documentée les années précédentes. ## Les cadres, nouvelle population à risque La véritable nouveauté réside dans l'évolution observée chez les cadres. Entre 2023 et 2025, leur taux d'absentéisme a bondi de 17%, selon les données de WTW. Ils deviennent ainsi la seule population dont le taux 2025 dépasse ceux de 2020 et 2022. Le cabinet précise que cette évolution « interroge les conditions » dans lesquelles ces salariés exercent leur activité, sans toutefois détailler davantage les causes possibles. Cette progression chez les cadres, traditionnellement moins absents que les autres catégories, pourrait signaler une dégradation des conditions de travail ou une exposition accrue aux risques psychosociaux. ## Un enjeu de gestion des ressources humaines La structure de cet absentéisme — très concentré sur une minorité de salariés aux arrêts longs — pose des questions spécifiques aux employeurs. Les absences courtes, bien que minoritaires en volume, désorganisent les équipes, tandis que les arrêts prolongés, concentrés sur 4% des effectifs, pèsent lourdement sur la masse salariale et l'organisation. Pour les entreprises, l'enjeu consiste désormais à identifier les facteurs de ces absences longues et à adapter les politiques de prévention, notamment pour les populations les plus touchées.