32% du budget de l'Éducation nationale, 30% de celui du ministère de l'Intérieur... Le gouvernement dévoile enfin la part consacrée aux retraites dans les dépenses des ministères

## Retraites : le gouvernement révèle la part des budgets ministériels consacrée aux pensions Le gouvernement a publié, ce mardi, une annexe au projet de loi de
## Retraites : le gouvernement révèle la part des budgets ministériels consacrée aux pensions
Le gouvernement a publié, ce mardi, une annexe au projet de loi de finances 2027 détaillant la part des crédits de chaque ministère affectée au paiement des pensions de la fonction publique. Une première qui met en lumière des écarts considérables selon les administrations, alors que le débat sur la contribution des retraités au redressement des comptes publics s'intensifie.
## L'Éducation nationale, premier contributeur
C'est le ministère de l'Éducation nationale qui concentre la proportion la plus élevée. Selon les chiffres dévoilés, 32% de ses crédits seront versés au compte qui finance les pensions en 2027, soit 28,5 milliards d'euros sur les 89,1 milliards prévus l'an prochain. Un montant qui reflète l'importance des effectifs enseignants dans la fonction publique d'État, mais aussi le poids démographique d'un corps vieillissant.
Le ministère de l'Intérieur suit avec 30% de son budget consacré aux retraites. Pour l'ensemble des ministères, la moyenne s'établit autour de 13%. Ces écarts traduisent la structure des effectifs propres à chaque administration : plus un ministère emploie de fonctionnaires proches de la retraite, plus la charge pesant sur son budget est importante.
## Une surcotisation de l'État qui interroge
Cette publication intervient dans un contexte de controverse sur le financement du régime de retraite des fonctionnaires. L'État doit en effet compenser le déséquilibre démographique entre fonctionnaires en activité et retraités par une surcotisation dont le niveau a atteint, selon les données communiquées, 82,26% en 2026 pour les personnels civils, en hausse de 8 points en deux ans. Pour les militaires, cette surcotisation grimpe à 126,07%, contre 28% dans le secteur privé.
Ces montants alimentent les accusations, portées notamment par l'ancien Premier ministre François Bayrou, d'un "déficit caché" des retraites. Le mécanisme, prévu par la loi depuis 2006, oblige l'État à abonder le compte d'affectation spécial (CAS) "pensions" pour équilibrer le régime de la fonction publique, un dispositif longtemps resté peu lisible pour le grand public.
## Un exercice de transparence réclamé de longue date
Du côté du cabinet du ministre des Comptes publics, David Amiel, on souligne le caractère inédit de la démarche. "C'est la première fois qu'une annexe budgétaire montre aussi clairement la part de dépenses consacrées aux retraites dans chaque ministère", indique-t-on à Bercy. Une transparence réclamée depuis plusieurs années par de nombreux économistes, qui jugeaient impossible d'évaluer précisément le coût réel des pensions pour chaque administration.
L'annexe au PLF 2027 s'inscrit dans un contexte budgétaire tendu, où le gouvernement cherche à documenter l'effort consenti par l'État en matière de retraites. Elle pourrait nourrir les discussions à venir sur une éventuelle mise à contribution des retraités, piste évoquée pour redresser les finances publiques.
## Un enjeu budgétaire et politique
La publication de ces données devrait alimenter le débat parlementaire lors de l'examen du projet de loi de finances 2027. Elle pourrait également relancer les discussions sur la soutenabilité du régime de la fonction publique, dont la charge pour l'État ne cesse de croître sous l'effet du vieillissement démographique.
Si l'exercice de transparence est salué, il ne résout pas la question de fond : celle du financement durable d'un système où la proportion de retraités par rapport aux actifs continue de progresser. Les chiffres dévoilés ce mardi constituent, en ce sens, une base de travail pour les prochains arbitrages budgétaires.