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23 millions de pauvres en plus à cause de l'inflation: selon une nouvelle étude du FMI, il y a beaucoup plus de personnes sous le seuil de pauvreté que ce que l'on croyait

Economie · · Par Julie MOREAU

23 millions de pauvres en plus à cause de l'inflation: selon une nouvelle étude du FMI, il y a beaucoup plus de personnes sous le seuil de pauvreté que ce que l'on croyait

## Une inflation sous-estimée qui bascule 23 millions de personnes dans la pauvreté L'inflation frappe plus durement les ménages les plus modestes, et cette réa

## Une inflation sous-estimée qui bascule 23 millions de personnes dans la pauvreté L'inflation frappe plus durement les ménages les plus modestes, et cette réalité est longtemps restée invisible dans les statistiques officielles. Une nouvelle étude du Fonds monétaire international (FMI), relayée par BFM Business, révèle que 23 millions de personnes supplémentaires sont tombées sous le seuil d'extrême pauvreté entre 2021 et 2024, un chiffre qui découle d'un modèle économique repensé pour mieux mesurer l'effet réel de la hausse des prix. ## Un écart statistique aux conséquences massives Le cœur du problème réside dans la manière dont l'inflation est mesurée. Le nouveau modèle développé par le FMI intègre le fait que les ménages les plus pauvres consacrent une part bien plus importante de leur budget aux besoins quotidiens, notamment l'alimentation et l'énergie. Or, ce sont précisément ces postes de dépenses qui ont connu les flambées les plus spectaculaires ces dernières années. Résultat : un écart de 0,8 point de pourcentage apparaît entre la mesure standard de l'inflation et celle qui tient compte de la structure de consommation réelle des populations précaires. Cet écart, en apparence modeste, suffit à faire basculer des millions de foyers supplémentaires sous le seuil d'extrême pauvreté. Autrement dit, les estimations antérieures sous-évaluaient l'ampleur du phénomène. ## Trois décennies de politiques publiques passées au crible L'étude du FMI, publiée mardi, ne se contente pas de mesurer le phénomène : elle examine également trois décennies de stratégies mises en œuvre par les gouvernements pour atténuer les poussées de prix. Cette analyse rétrospective vise à identifier les dispositifs qui ont réellement protégé les ménages vulnérables, et ceux qui se sont révélés inefficaces. Selon Chiara Maggi, économiste au FMI qui a codirigé les travaux, « les crises du coût de la vie affectent la stabilité des prix, réduisent le niveau de vie et aggravent les inégalités ». Ces conclusions figurent dans le chapitre 2 des « Perspectives de l'économie mondiale », à paraître la semaine prochaine. ## Un risque systémique pour la stabilité économique Le FMI avertit que les flambées des prix des produits alimentaires et de l'énergie devraient devenir plus fréquentes à l'avenir. Ces crises ne se contentent pas d'appauvrir les ménages : elles alimentent durablement les anticipations d'inflation, ce qui complique la tâche des banques centrales et menace la stabilité économique mondiale. Le mois dernier, l'institution avait déjà indiqué que l'économie mondiale avait mieux résisté que prévu au choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient, avec une croissance attendue d'environ 3 % en 2026. Mais elle soulignait que les risques restaient élevés. Cette nouvelle étude confirme que la résilience apparente des agrégats macroéconomiques masque une dégradation profonde pour les populations les plus fragiles. La révision à la hausse du nombre de pauvres ne relève pas d'un simple ajustement technique : elle révèle un angle mort des politiques économiques. Si les crises du coût de la vie se multiplient, comme le redoute le FMI, la question de la protection des ménages les plus exposés deviendra un enjeu central de stabilité, bien au-delà des seuls indicateurs de croissance.