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20.000 contre 31.000 dollars : l’énorme écart de coût de production d’une voiture électrique entre la Chine et l’Europe

Une · · Par Claire BERNARD

20.000 contre 31.000 dollars : l’énorme écart de coût de production d’une voiture électrique entre la Chine et l’Europe

Selon des informations rapportées par Le Figaro dans son édition du 9 octobre 2026, produire une voiture électrique coûte environ 20.000 dollars en Chine, contr

Selon des informations rapportées par Le Figaro dans son édition du 9 octobre 2026, produire une voiture électrique coûte environ 20.000 dollars en Chine, contre 31.000 dollars en Europe. Cet écart de 11.000 dollars, soit près de 55 % de surcoût sur le Vieux Continent, illustre une asymétrie industrielle qui pèse lourdement sur la compétitivité des constructeurs européens et sur la stratégie d'implantation des groupes chinois. ## Un différentiel de coûts qui freine l'installation en Europe D'après les éléments rapportés par le quotidien français, la conception de véhicules électriques sur le sol chinois demeure nettement moins onéreuse qu'en Europe. Cette réalité économique rendrait plus rentable, pour les constructeurs chinois, l'exportation depuis leurs usines nationales que la construction d'un outil industriel complet sur le Vieux Continent. Le différentiel ne relèverait pas uniquement du coût de la main-d'œuvre, mais également de l'ensemble de la chaîne de valeur, de la disponibilité des matières premières transformées à la fiscalité locale et aux normes environnementales. ## BYD, symbole des difficultés d'implantation Le cas du géant chinois BYD, basé à Shenzhen, illustre ces tensions. L'entreprise avait annoncé il y a trois ans son projet de construire une usine à Szeged, en Hongrie. Celle-ci devait être inaugurée en septembre 2025. Son démarrage a finalement été reporté à juin 2026, puis au quatrième trimestre 2026. Selon Le Figaro, d'autres retards pourraient encore survenir dans ce calendrier. Les raisons invoquées par BYD sont multiples. Le constructeur serait confronté à des exigences environnementales fortes en Hongrie. Il a également été accusé de faire travailler ses ouvriers venus de Chine sans respecter les règles de repos en vigueur pour construire l'usine. En outre, lors d'une première phase d'assemblage démarrée il y a quelques mois, l'entreprise aurait jugé qu'il faudrait davantage de temps pour former les travailleurs locaux. ## Un avantage chinois structurel Cet écart de coût de production s'inscrit dans un contexte plus large de domination industrielle chinoise sur la chaîne de valeur des batteries et des composants électroniques. La Chine concentre une part majoritaire du raffinage des terres rares et de la fabrication des cellules lithium-ion, ce qui lui confère un avantage de coût difficilement réplicable à court terme pour les constructeurs européens. Par ailleurs, la question de la compétitivité européenne ne se limite pas aux seuls coûts de production. Elle touche également à la rapidité d'exécution des projets industriels, aux délais d'autorisation et au coût de l'énergie, autant de facteurs qui, cumulés, pourraient expliquer une partie du différentiel observé. ## Quelles conséquences pour le marché européen ? Si cet écart persiste, il pourrait continuer d'encourager les constructeurs chinois à privilégier l'exportation vers l'Europe plutôt que l'implantation locale, malgré les droits de douane et les pressions politiques en faveur d'une production européenne. Toutefois, la stratégie des groupes chinois semble évoluer, comme en témoignent les projets d'usines annoncés en Hongrie ou ailleurs. Reste à savoir si les autorités européennes parviendront à réduire cet écart par des politiques industrielles ciblées, ou si le différentiel de coûts continuera de structurer durablement le rapport de force entre les deux blocs automobiles.