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137 euros par mois pour faire le plein d'essence, contre 46 euros pour recharger sa voiture: avec l'envolée des prix du pétrole, le budget mensuel des conducteurs des voitures à essence est trois fois plus élevé que celui des voitures électriques

Economie · · Par Julie MOREAU

137 euros par mois pour faire le plein d'essence, contre 46 euros pour recharger sa voiture: avec l'envolée des prix du pétrole, le budget mensuel des conducteurs des voitures à essence est trois fois plus élevé que celui des voitures électriques

Le budget carburant des automobilistes français explose : l’essence coûte désormais trois fois plus cher que l’électricité Alors que les tensions géopolitiques

Le budget carburant des automobilistes français explose : l’essence coûte désormais trois fois plus cher que l’électricité

Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient font grimper les cours du pétrole, l’écart se creuse considérablement entre le budget mensuel des conducteurs de voitures à essence et celui des propriétaires de véhicules électriques. Selon une analyse de Roole Data rendue publique samedi, le coût du carburant pour une voiture thermique atteint en moyenne 137 euros par mois, contre seulement 46 euros pour recharger une voiture électrique. Un écart qui illustre l’impact direct des crises internationales sur le pouvoir d’achat des ménages.

Une envolée de 25 euros en six mois pour l’essence

L’analyse de Roole Data, plateforme spécialisée dans l’exploitation des données publiques automobiles, révèle une hausse significative des dépenses énergétiques des conducteurs de véhicules à essence au cours du premier semestre. Le budget mensuel moyen est ainsi passé de 112 euros en janvier à 137 euros en juin, soit une augmentation de 25 euros en l’espace de six mois. Cette progression s’explique par l’envolée des prix à la pompe, directement liée aux tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite près du quart de la production mondiale de pétrole. Vendredi, les prix du SP95 et du gazole dépassaient toujours la barre symbolique des deux euros le litre en moyenne, selon les données disponibles.

Cette situation contraste fortement avec celle des propriétaires de véhicules électriques, qui bénéficient d’une certaine stabilité tarifaire. Insensibles aux fluctuations des cours du pétrole, leur budget énergie s’est maintenu à environ 46 euros par mois tout au long du premier semestre, un niveau auquel il s’est stabilisé depuis août 2025. Le rapport est donc de près de trois pour un entre les deux motorisations, un déséquilibre qui pourrait influencer les choix d’achat des consommateurs dans les mois à venir.

Diesel et hybrides : des hausses différenciées selon les motorisations

La tendance haussière ne concerne pas uniquement l’essence. Le budget mensuel moyen des conducteurs de véhicules diesel est également en nette progression, passant de 98 euros à 119 euros entre janvier et juin, soit une augmentation de 21 euros. Les motorisations hybrides non rechargeables ne sont pas en reste avec un coût mensuel de 111 euros en juin, en hausse de 20 euros depuis le début de l’année. Ces chiffres démontrent que l’ensemble du parc automobile thermique subit de plein fouet la flambée des prix pétroliers.

En revanche, les véhicules hybrides rechargeables présentent un profil plus nuancé. Leur coût de carburant reste en deçà de la barre des 100 euros par mois, à condition toutefois d’effectuer des recharges régulières. Le budget a tout de même augmenté de dix euros depuis janvier pour s’établir à 88 euros en juin. Cette relative modération s’explique par la possibilité pour les conducteurs de basculer sur le mode électrique lors des trajets urbains ou de courte distance, réduisant ainsi leur consommation de carburant.

Un contexte géopolitique qui pèse sur les prix à la pompe

La guerre au Moyen-Orient et les tensions autour du détroit d’Ormuz constituent le principal facteur explicatif de cette flambée des prix. Ce passage stratégique, emprunté par une part considérable du pétrole mondial, cristallise les inquiétudes des marchés. Les opérateurs redoutent une perturbation de l’approvisionnement, ce qui se répercute mécaniquement sur les prix à la pompe pour les consommateurs français. Les données de Roole Data confirment que cette situation perdure, maintenant les prix au-dessus de deux euros le litre pour les principaux carburants.

Cette analyse intervient dans un contexte où la question du pouvoir d’achat demeure centrale pour les ménages français. L’écart croissant entre le coût d’utilisation des véhicules thermiques et électriques pourrait accélérer la transition vers l’électromobilité, malgré les interrogations persistantes sur le prix d’achat des véhicules neufs et l’évolution des tarifs de l’électricité. Les prochains mois seront décisifs pour observer si cette tendance se confirme ou si une accalmie géopolitique permettra un reflux des prix à la pompe.