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130 navires par jour avant la guerre contre 12 aujourd'hui: le trafic maritime reste extrêmement limité dans le détroit d'Ormuz alors que ni les États-Unis ni l'Iran n'ont prévu de capituler

Economie · · Par Julie MOREAU

130 navires par jour avant la guerre contre 12 aujourd'hui: le trafic maritime reste extrêmement limité dans le détroit d'Ormuz alors que ni les États-Unis ni l'Iran n'ont prévu de capituler

Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz est au plus bas depuis le début du conflit opposant les États-Unis et l'Iran. Avec seulement neuf navires recensés je

Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz est au plus bas depuis le début du conflit opposant les États-Unis et l'Iran. Avec seulement neuf navires recensés jeudi et cinq la veille, selon les données de l'analyste Kpler, la circulation reste très en deçà de la moyenne mensuelle d'août, qui s'établit à 12 passages quotidiens. Avant le déclenchement des hostilités, le 28 février, entre 130 et 140 navires empruntaient chaque jour ce passage stratégique. ### Un bras de mer sous haute tension Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal environ un cinquième du trafic maritime mondial d'hydrocarbures, est devenu l'épicentre d'une confrontation ouverte entre Washington et Téhéran. Les deux capitales revendiquent chacune le contrôle de cette voie navigable, sans qu'aucune ne semble prête à céder du terrain. Jeudi, le chef de l'unité paramilitaire iranienne des bassidjis, Hossein Taeb, a affirmé que le détroit était « sous le contrôle et la gestion de l'Iran ». Une déclaration qui répond directement au message publié la veille par le président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, dans lequel il assurait que les États-Unis exercent un « contrôle total » sur cet axe stratégique. ### Un blocus naval qui pourrait s'inscrire dans la durée Les États-Unis ont indiqué jeudi qu'ils pourraient maintenir indéfiniment leur blocus naval contre l'Iran, tout en intensifiant la pression économique sur Téhéran. Cette posture de fermeté prolonge l'incertitude pour les armateurs et les compagnies pétrolières, qui doivent désormais composer avec des risques accrus de collision, de saisie ou d'attaque. La plupart des navires ayant transité récemment ont d'ailleurs emprunté la route dite iranienne, un choix qui reflète autant une contrainte géographique qu'un calcul sécuritaire. L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a par ailleurs signalé qu'un pétrolier avait été touché jeudi par un avion sans pilote pendant sa traversée, un incident qui illustre la dangerosité persistante de la zone. ### Des conséquences économiques tangibles Cette chute spectaculaire du trafic a des répercussions directes sur les marchés de l'énergie. La réduction des flux d'hydrocarbures transitant par ce détroit pourrait se traduire par une hausse des prix du gaz et du pétrole, un sujet sensible pour les consommateurs européens alors que l'hiver approche. Les compagnies maritimes, de leur côté, doivent arbitrer entre la poursuite de leurs activités dans une zone à haut risque et le détournement de leurs itinéraires, avec des coûts supplémentaires à la clé. Les données de Kpler, qui font référence dans le secteur, confirment une tendance baissière qui ne semble pas près de s'inverser, tant que les deux puissances maintiennent leurs positions respectives. ### Une issue incertaine Alors que ni les États-Unis ni l'Iran n'ont montré de signe d'apaisement, le détroit d'Ormuz demeure un point de friction majeur. La rhétorique belliqueuse des deux camps, couplée aux incidents militaires récurrents, laisse présager une prolongation de cette situation de blocage. Pour les observateurs, la question n'est plus de savoir quand le trafic reviendra à la normale, mais plutôt si une escalade supplémentaire pourrait conduire à une fermeture complète de cette artère vitale pour l'économie mondiale.