Onyx Infos

12 euros le menu de McNuggets contre 7,50 euros le demi-poulet et son riz chez Master Poulet... Bousculé par les nouvelles enseignes à prix cassés, McDonald's vante la traçabilité de sa volaille made in France

Economie · · Par Julie MOREAU

12 euros le menu de McNuggets contre 7,50 euros le demi-poulet et son riz chez Master Poulet...  Bousculé par les nouvelles enseignes à prix cassés, McDonald's vante la traçabilité de sa volaille made in France

# McDonald's face à la guerre du poulet : le géant du fast-food mise sur le made in France pour contrer les enseignes low cost Porté par l'inflation, le marché

# McDonald's face à la guerre du poulet : le géant du fast-food mise sur le made in France pour contrer les enseignes low cost Porté par l'inflation, le marché du poulet en restauration rapide explose en France et atteint désormais 1,2 milliard d'euros, selon le cabinet Food Service Vision. Face à l'émergence d'enseignes à bas coûts qui proposent des formules à moins de 8 euros, le leader McDonald's réplique en sécurisant sa filière d'approvisionnement 100 % française. La guerre de la volaille est lancée dans l'Hexagone. ## Un marché en pleine expansion : 707 points de vente, le double d'il y a cinq ans Le poulet s'impose comme l'une des protéines les plus dynamiques de la restauration rapide en France. Le cabinet Food Service Vision estime que ce segment représente désormais 1,2 milliard d'euros, enregistrant une croissance de 8 % sur un an. En parallèle, le nombre de points de vente spécialisés aurait doublé en cinq ans pour atteindre 707 établissements, d'après les données compilées par BFM Business. Ce boom s'explique notamment par l'inflation, qui a poussé les consommateurs vers des options perçues comme plus abordables que le bœuf. De jeunes enseignes comme Krousty Sabaïdi, Poulet Braisé ou encore Tasty Crousty ont connu une croissance fulgurante. Cette dernière, forte de son succès sur les réseaux sociaux, assure écouler plus d'un million de barquettes de volaille sur un lit de riz par mois. Leur modèle économique repose sur des prix défiant toute concurrence : un demi-poulet avec son riz chez Master Poulet s'affiche à 7,50 euros, contre 12 euros pour un menu McNuggets chez McDonald's. ## McDonald's contre-attaque avec 13.000 tonnes de volaille made in France Face à cette pression concurrentielle, McDonald's, qui revendique 1.700 restaurants et 1,8 million de repas servis chaque jour dans l'Hexagone, ne compte pas se laisser distancer. La marque à l'arche dorée vient d'annoncer le renouvellement de son contrat auprès du groupement d'éleveurs français Gaévol, qui continuera de lui fournir ses poulets pour une durée d'au moins trois ans. Ce groupement, relié au géant de l'agro-industrie Avril, compte plus de 300 producteurs, dispatchés entre la Bretagne, la Normandie et les Pays de la Loire. Ces derniers fourniront 13.000 tonnes de volaille par an, ce qui représenterait 100 millions d'euros, selon l'enseigne. McDonald's se targue ainsi de vendre des nuggets totalement "made in France", contrairement à ses burgers dont la traçabilité est moins mise en avant. L'objectif affiché est clair : capitaliser sur l'attachement des consommateurs français à une production locale et tracée, alors que les nouvelles enseignes low cost s'approvisionneraient majoritairement auprès de filières d'importation, notamment polonaise ou brésilienne. ## 1,2 milliard de nuggets vendus chaque année : la machine McDonald's en ordre de bataille Avec 1,2 milliard de nuggets écoulés chaque année en France, McDonald's dispose d'une puissance de frappe considérable. Le groupe mise sur le volume et la fidélisation pour maintenir ses parts de marché. L'enseigne, qui "veut mettre le paquet sur le poulet", selon ses propres termes, cherche à transformer ce qui pourrait être une faiblesse – un prix plus élevé – en argument qualitatif. En sécurisant sa filière française sur le long terme, McDonald's entend répondre à une demande croissante de transparence alimentaire de la part des consommateurs. Le pari est risqué : les enseignes low cost, portées par des coûts de production inférieurs et une forte présence sur les réseaux sociaux, continuent de grignoter des parts de marché. Toutefois, le géant américain peut compter sur un maillage territorial incomparable et une notoriété qui dépasse largement celle de ses nouveaux concurrents. Reste à savoir si l'argument du "made in France" suffira à justifier un écart de prix de près de 60 % avec les offres les plus agressives du marché. La bataille du poulet ne fait que commencer, et elle s'annonce féroce dans les mois à venir.