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11 centrales électriques ont cessé de fonctionner, 18 écoles détruites... Le Népal a besoin d'au moins 4 milliards de dollars après des crues dévastatrices

Economie · · Par Julie MOREAU

11 centrales électriques ont cessé de fonctionner, 18 écoles détruites... Le Népal a besoin d'au moins 4 milliards de dollars après des crues dévastatrices

Le Népal fait face à une facture de reconstruction estimée entre 4 et 5 milliards de dollars après les crues dévastatrices qui ont frappé la région himalayenne,

Le Népal fait face à une facture de reconstruction estimée entre 4 et 5 milliards de dollars après les crues dévastatrices qui ont frappé la région himalayenne, à la frontière avec le Tibet chinois, le mercredi 26 août. Le ministre népalais des Finances, Swarnim Wagle, a communiqué cette estimation ce samedi 29 août à l'agence Reuters, précisant que les pertes et dégâts sont encore en cours d'évaluation. Ces inondations surviennent dans un contexte économique déjà fragile, où le pays dépend fortement du tourisme, des envois de fonds de la diaspora et de l'hydroélectricité. ## Un bilan humain et matériel lourd Les autorités népalaises recensent des dégâts considérables sur les infrastructures critiques. Selon l'autorité responsable de l'électricité au Népal, 11 centrales hydroélectriques et une centrale solaire, représentant une capacité combinée de 431,1 mégawatts, ont cessé de fonctionner. Cette capacité équivaut à environ 10% de la génération électrique nationale. Par ailleurs, 15 infrastructures énergétiques en construction, pour une capacité annoncée de 470 mégawatts, ont également été endommagées. Le secteur compte par ailleurs 900 employés portés disparus, un chiffre qui illustre l'ampleur humaine de la catastrophe. Les crues ont également détruit 18 écoles, compromettant la rentrée scolaire dans plusieurs districts touchés. Le ministre des Finances a toutefois nuancé ces besoins en les comparant à la catastrophe de 2015. Le séisme de magnitude 7,8, qui avait frappé le Népal en avril 2015, avait nécessité environ 9 milliards de dollars de dépenses de reconstruction et avait fait près de 9 000 morts. Swarnim Wagle n'a pas précisé les raisons pour lesquelles le coût actuel serait inférieur, mais cette différence suggère que les dégâts, bien que significatifs, sont moins étendus qu'il y a dix ans. ## Une économie sous pression Les récentes inondations constituent un choc supplémentaire pour une économie népalaise déjà vulnérable. Le tourisme représente 6,4% du produit intérieur brut (PIB) népalais et environ 15% des emplois, selon les données de la Banque mondiale. Or, la région himalayenne touchée par les crues attire d'ordinaire des randonneurs, des alpinistes du monde entier, ainsi que des pèlerins hindous et bouddhistes tibétains. La fermeture temporaire des sentiers de trekking et l'accès difficile aux zones sinistrées risquent de peser sur la saison touristique, déjà fragilisée par les conséquences économiques de la pandémie et les tensions géopolitiques régionales. Le secteur de l'hydroélectricité, pilier de l'économie et de l'exportation d'énergie vers l'Inde, subit également des pertes directes. L'arrêt de 11 centrales réduit la capacité de production nationale et pourrait entraîner des coupures d'électricité dans les mois à venir, freinant l'activité industrielle et commerciale. La reconstruction des infrastructures énergétiques, estimée prioritaire par les autorités, nécessitera des investissements massifs et un appui technique international. ## Un appel à la solidarité internationale Le gouvernement népalais, par la voix de son ministre des Finances, a lancé un appel aux bailleurs de fonds internationaux pour mobiliser les 4 à 5 milliards de dollars nécessaires. Cette somme devra couvrir la remise en état des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux et des réseaux électriques. Les autorités locales soulignent que l'évaluation précise des dégâts est en cours et que le chiffre pourrait évoluer dans les prochaines semaines. La communauté internationale, notamment les organisations humanitaires et les pays voisins comme l'Inde et la Chine, est appelée à répondre rapidement pour éviter une aggravation de la crise humanitaire dans les zones isolées de l'Himalaya. La reconstruction s'annonce longue et coûteuse, mais le Népal, habitué aux catastrophes naturelles, pourrait bénéficier de l'expérience acquise après le séisme de 2015. La priorité immédiate reste toutefois la recherche des disparus et la sécurisation des zones à risque, alors que des alertes persistent concernant un lac glaciaire menaçant de se déverser dans les prochains jours.