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1.700 amendements, 45 milliards d’euros d’économies, jusqu’à "18 milliards d’impôts nouveaux": le bras de fer sur le budget commence à l'Assemblée

Economie · · Par Julie MOREAU

1.700 amendements, 45 milliards d’euros d’économies, jusqu’à

## Le bras de fer budgétaire s'ouvre à l'Assemblée Les députés entament ce mercredi l'examen du projet de budget 2027 en commission des Finances, ouvrant un cyc

## Le bras de fer budgétaire s'ouvre à l'Assemblée Les députés entament ce mercredi l'examen du projet de budget 2027 en commission des Finances, ouvrant un cycle de discussions qui s'annonce particulièrement tendu. Selon BFM Business, quelque 1.700 amendements ont été déposés sur la partie "recettes" du texte, dont certains seront jugés irrecevables. Les débats, qui doivent durer au moins trois jours à partir de 09h00, se déroulent dans un climat alourdi par les mouvements sociaux et la crainte d'une crise financière, à quelques mois de l'élection présidentielle. ## Un objectif de déficit à 5% du PIB La copie gouvernementale ambitionne de ramener le déficit public à 5% du PIB en 2027. Pour y parvenir, l'exécutif met sur la table environ 45 milliards d'euros d'efforts nouveaux, répartis entre coupes budgétaires et mesures de recettes. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a invoqué le "réel" qui "nous rattrape", brandissant le spectre d'une crise financière liée à la remontée du coût de la dette. Cette invocation vise à justifier l'ampleur des économies demandées, dans un contexte où la charge de la dette pèse de plus en plus lourd sur les finances publiques. ## La fiscalité des retraités au cœur des tensions Dès cette semaine, l'un des premiers articles du texte promet de vifs échanges : il prévoit d'abaisser de 10% le plafond de l'abattement fiscal favorable aux retraités, le ramenant à 3.000 euros. Des députés LFI et RN, mais aussi certains élus du camp gouvernemental, souhaitent revenir sur cette disposition. Le sujet touche directement le pouvoir d'achat d'une population nombreuse et mobilisée, ce qui explique la prudence de nombreux parlementaires, y compris dans la majorité. ## Les entreprises également mises à contribution Le monde économique n'est pas épargné. La surtaxe sur les sociétés des grandes entreprises sera abaissée à 5 milliards d'euros, contre 7,3 milliards actuellement perçus. D'autres taxes, créées ou alourdies, suscitent des levées de boucliers, notamment chez les sociétés concessionnaires d'autoroute et dans le secteur aérien. Ces mesures représentent, selon les estimations évoquées, entre 17 et 18 milliards d'euros d'impôts nouveaux, un chiffre qui alimente les critiques des oppositions comme des acteurs concernés. ## Une répétition générale avant l'hémicycle L'examen en commission ne constitue qu'une étape : quoi qu'il advienne, les députés repartiront de la copie initiale du gouvernement lors du débat dans l'hémicycle, prévu le 13 octobre. Eric Coquerel, président LFI de la commission des Finances, a accueilli froidement le texte, à l'image des autres groupes d'opposition. Certains menacent déjà de censurer le gouvernement, ce qui ajoute une incertitude politique majeure à un calendrier budgétaire déjà serré. ## Un enjeu politique autant que financier Au-delà des chiffres, ce budget cristallise les tensions à l'approche de la présidentielle. Le gouvernement doit convaincre de la nécessité des efforts demandés, tout en évitant une censure qui fragiliserait encore davantage sa position. Les trois jours de débats en commission donneront un premier aperçu des rapports de force. La suite, dans l'hémicycle à partir du 13 octobre, s'annonce tout aussi disputée, avec en toile de fond la question de la soutenabilité des finances publiques françaises.