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1,5 milliard d’euros par jour : ce que les entreprises paient pour financer le modèle social français

Une · · Par Julie MOREAU

1,5 milliard d’euros par jour : ce que les entreprises paient pour financer le modèle social français

## 1,5 milliard d’euros par jour : la contribution des entreprises au modèle social en débat Les entreprises françaises verseraient chaque jour environ 1,5 mill

## 1,5 milliard d’euros par jour : la contribution des entreprises au modèle social en débat Les entreprises françaises verseraient chaque jour environ 1,5 milliard d’euros pour financer le modèle social, selon un décompte relayé par Le Figaro et réalisé par le collectif d’entrepreneurs « Trop c’est trop ». Ce chiffre, qui englobe cotisations patronales, taxes et impôts divers, intervient alors que les discussions budgétaires battent leur plein et que les propositions de taxation des entreprises se multiplient. ## Un recensement au-delà des seules cotisations patronales L’originalité de la démarche réside dans son périmètre. Le collectif « Trop c’est trop » ne se limite pas aux cotisations patronales classiques, souvent seules mises en avant dans le débat public. Il recense l’ensemble des prélèvements imputés aux entreprises : cotisations sociales, mais aussi taxes affectées et impôts de toute nature contribuant au financement des services publics et de la protection sociale. Cette méthodologie vise à contrer l’idée selon laquelle les entreprises seraient principalement bénéficiaires d’« aides » publiques. À l’inverse, le collectif entend démontrer que leur contribution est massive et quotidienne, soulignant que « chaque euro prélevé sur la masse salariale est un euro soustrait à la fiche de paie ». ## Un ras-le-bol devenu constat chiffré L’initiative est née d’un « ras-le-bol extrêmement violent », selon les termes employés par les porteurs du projet. Bertrand Martinot, économiste à l’Institut Montaigne, explique la démarche : « À l’heure où les propositions de taxer les entreprises se multiplient et où on leur reproche sans cesse les “aides” qu’elles reçoivent, nous avons voulu montrer leur contribution au financement des services publics en général et de la protection sociale en particulier. » Ce travail de recensement se veut donc une réponse factuelle aux critiques adressées aux entreprises dans le débat budgétaire. ## Compétitivité et pérennité en question Au-delà du montant, c’est le poids fiscal qui inquiète les entrepreneurs. Emmanuel Vasseneix, président-directeur général cité dans l’article, précise que ce n’est pas la contribution en elle-même qui pose problème, mais la charge qu’elle représente pour « la compétitivité et la pérennité de nos entreprises ». Le débat s’inscrit dans un contexte où le financement du modèle social français, l’un des plus protecteurs au monde, repose largement sur les prélèvements obligatoires. La question sous-jacente est celle de la répartition de l’effort entre entreprises, salariés et État, à un moment où les besoins de financement de la protection sociale restent considérables. ## Un enjeu budgétaire et politique Ce chiffre de 1,5 milliard d’euros par jour, s’il est confirmé, représente environ 547 milliards d’euros par an. Il illustre l’ampleur de la contribution des entreprises au fonctionnement de l’État-providence. Le collectif « Trop c’est trop » espère ainsi peser sur les arbitrages budgétaires en cours, alors que le gouvernement cherche des sources d’économies ou de recettes nouvelles. La publication de ce décompte, relayée par Le Figaro, pourrait alimenter les arguments des opposants à toute hausse de fiscalité sur les entreprises, tout en nourrissant le débat sur l’efficacité et la soutenabilité du financement du modèle social français.