1.000 emplois sont menacés par la suppression (envisagée) de ce service: 3,3 millions de fonctionnaires pourraient ne plus être remboursés par la MGEN mais directement par l’Assurance maladie

## La MGEN face au projet de suppression de sa gestion déléguée : 1.000 emplois en sursis Le gouvernement envisage de retirer à la MGEN la gestion déléguée du r
## La MGEN face au projet de suppression de sa gestion déléguée : 1.000 emplois en sursis
Le gouvernement envisage de retirer à la MGEN la gestion déléguée du régime obligatoire d'assurance maladie des enseignants et d'autres fonctionnaires, une décision qui menacerait directement environ 1.000 emplois répartis sur quatre sites. Selon Matthias Savignac, président de la mutuelle, cette mesure ne présenterait aucun rationnel économique, alors que 3,3 millions d'assurés sociaux seraient transférés vers les caisses primaires de l'Assurance maladie.
## Un projet gouvernemental aux motivations contestées
Lors d'une conférence de presse tenue le lundi 28 septembre, Matthias Savignac a vivement critiqué le projet porté par l'exécutif. « On ne voit pas le rationnel économique ou d'efficacité de cette décision, on ne voit pas ce qu'elle apporterait aux assurés sociaux ou aux finances de l'État », a-t-il déclaré, cité par BFM Business. Cette prise de position intervient dans un contexte de rigueur budgétaire, le gouvernement Lecornu cherchant à réduire les dépenses pour redresser les comptes de la Sécurité sociale. Le déficit de cette dernière est estimé à 23,2 milliards d'euros d'ici fin 2026, un chiffre qui pèse lourdement sur les arbitrages en cours.
La MGEN gère aujourd'hui, pour le compte de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), le remboursement des dépenses de santé de près de 3,3 millions d'enseignants et de fonctionnaires. Ces assurés n'ont ainsi aucune relation directe avec l'Assurance maladie pour leurs remboursements, la mutuelle assurant cette mission en délégation.
## Un modèle économique jugé plus efficace par la MGEN
Le président de la MGEN a défendu la performance du dispositif actuel en s'appuyant sur la rémunération perçue pour cette activité. Celle-ci « se fonde sur celle des trois meilleures caisses primaires » de l'Assurance maladie, a-t-il précisé. Selon lui, ce mode de calcul démontre l'efficacité de la gestion déléguée. « Cela veut dire que si demain la Cnam reprend cette activité, les 3,3 millions d'assurés sociaux » aujourd'hui gérés par la MGEN « seront dilués » dans des caisses primaires qui, globalement, « gèrent pour plus cher que nous », a-t-il argumenté.
Cette comparaison soulève une question centrale : le transfert de cette activité à la Cnam permettrait-il réellement de réaliser des économies, ou entraînerait-il au contraire un surcoût pour les finances publiques ? La MGEN conteste en tout cas l'argument budgétaire qui sous-tend le projet gouvernemental.
## Quatre sites et 1.000 salariés concernés
L'activité de gestion déléguée du régime obligatoire emploie environ 1.000 salariés de la MGEN, répartis sur quatre sites : Montreuil (Seine-Saint-Denis), Lyon, Rennes et Le Mans. Si la mutuelle perdait cette délégation, ces postes seraient directement menacés. Un enjeu social de taille, qui s'ajoute aux interrogations sur la qualité de service pour les assurés concernés.
Pour alerter les parlementaires sur les conséquences d'une telle décision, la MGEN a lancé une pétition. Cette mobilisation vise à peser sur un arbitrage qui n'est, à ce stade, qu'envisagé, mais qui pourrait transformer en profondeur l'organisation du remboursement des soins pour plusieurs millions de fonctionnaires.
## Un arbitrage encore ouvert
Le devenir de la gestion déléguée confiée à la MGEN reste incertain. Entre impératifs budgétaires et préservation de l'emploi, le dossier promet des débats nourris au Parlement. La mutuelle entend démontrer que le statu quo constitue, paradoxalement, l'option la plus rationnelle sur le plan économique comme sur celui du service rendu aux assurés. Les prochaines semaines seront décisives pour les 1.000 salariés concernés et pour les 3,3 millions de fonctionnaires dont les remboursements pourraient changer de main.