-22% en Bourgogne et dans le Beaujolais sur un an mais +10% dans le Bordelais: la vendange 2026 a été historiquement basse mais des régions s'en sont mieux sorties que d'autres

## La vendange 2026 s'annonce historiquement basse, mais très contrastée selon les régions La production viticole française devrait de nouveau reculer en 2026,
## La vendange 2026 s'annonce historiquement basse, mais très contrastée selon les régions
La production viticole française devrait de nouveau reculer en 2026, s'établissant à près de 35 millions d'hectolitres (mhl), un niveau historiquement bas selon les estimations au 1er octobre publiées mercredi par le ministère de l'Agriculture. Cette récolte serait en baisse de 2% par rapport à 2025, déjà peu abondante, et de 14% sous la moyenne 2021-2025. Derrière ce chiffre national se cache cependant une forte hétérogénéité régionale, entre territoires en fort recul et d'autres qui tirent leur épingle du jeu.
## Un recul national porté par la sécheresse et l'arrachage
Deux facteurs principaux expliquent cette nouvelle contraction de la production. D'une part, les surfaces cultivées ont été réduites de 1,9% sur un an, sous l'effet d'un plan gouvernemental de soutien à l'arrachage de vignes — qu'il soit total, avec cessation d'activité des viticulteurs, ou partiel, pour permettre une réorientation de l'activité viticole. D'autre part, les rendements ont été amoindris par un été chaud et sec : selon le service des statistiques du ministère (Agreste), les épisodes caniculaires ont provoqué brûlures et flétrissements de baies, tandis que la sécheresse a pesé sur les volumes.
Cette tendance s'inscrit dans un contexte plus large. D'après l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), qui tient les statistiques mondiales de production et de consommation, la France avait déjà enregistré en 2025 sa plus faible production depuis 1957. La vendange 2026 confirme donc cette fragilisation structurelle du vignoble hexagonal.
## Bourgogne, Beaujolais et Bordelais : des trajectoires opposées
Le contraste régional est frappant. La Bourgogne et le Beaujolais affichent un recul de 22% sur un an, l'une des baisses les plus marquées du pays. À l'inverse, le Bordelais enregistre une progression de 10%, signe que certaines régions ont mieux résisté aux aléas climatiques de l'été.
Le Languedoc-Roussillon illustre également cette hétérogénéité. Malgré une baisse de 3% des surfaces, la récolte y augmenterait de 20% par rapport à la très faible vendange 2025, elle-même marquée par la canicule, et se situerait au-dessus de la moyenne quinquennale (+2%). Les pluies de fin d'été ont en effet atténué les impacts de la sécheresse dans ce territoire, où les rendements se révèlent meilleurs que prévu.
## Un état sanitaire salué, mais des volumes sous tension
Point positif souligné tant par le ministère de l'Agriculture que par le secteur : l'« excellent état sanitaire » de la récolte, préservée des champignons et autres maladies liées à l'humidité. Cette qualité pourrait constituer un atout commercial, notamment pour les appellations à forte valeur ajoutée.
Les estimations ont par ailleurs été revues à la hausse par rapport à début septembre (34,9 mhl contre 33,9 mhl), les précipitations de fin d'été ayant limité les pertes. Ce réajustement témoigne de la volatilité des prévisions dans un contexte climatique de plus en plus instable.
## Une filière sous pression structurelle
La vendange 2026 confirme donc une tendance lourde : la production viticole française s'installe durablement sous ses niveaux historiques, entre effets du changement climatique et adaptation des surfaces. Si la qualité semble au rendez-vous, la question des volumes disponibles — et donc de la capacité de la filière à répondre à la demande, notamment à l'export — reste entière. Le contraste entre régions pourrait, lui, redessiner progressivement la carte de la production viticole nationale.